baniere

Accueil > Stargate SG-1 > Le coin des ami(e)s > Gynnie > Les histoires > OS > OS Séries > Série d’OS sur 50 nuances d’O’Neill > La clef

La clef

Gynnie, samedi 18 avril 2015

- Que ressentiez-vous ?
- Comme si quelqu’un allait sans doute mourir.
- Mon colonel…
- Je ne suis pas parti, parce que je préférais mourir plutôt que de perdre Carter.
- Pourquoi ?
- Parce que je tiens à elle…beaucoup plus que je ne suis censé le faire.

C’était simple, c’était évident, c’était probablement plus compréhensible qu’il ne l’aurait voulu. Il ne pouvait pas se cacher indéfiniment derrière ses sentiments après tout... Bien que si ces stupides Tok’ra n’étaient pas encore une fois arrivés pour une mission suicide, car il fallait bien le dire, même s’ils avaient apprécié ces bracelets, cela avait été une mission particulièrement dangereuse pour toute son équipe. Mais ça n’était encore pas là le problème. Le problème était que maintenant, son second était au courant de ses sentiments envers elle. Elle était au courant et il avait du mal à vivre avec ça. Comment le prenait – elle alors qu’elle lui avait très clairement fait comprendre que cela devrait rester derrière eux, dans le passé, qu’ils enterraient dans cette foutue pièce de ciment et de brique ! Ne plus en parler, vivre avec un mensonge qui n’était pas, ou plus. Et bien je l’aime mais en fait non, on ne s’aime pas du tout, seulement comme des collègues.
Voilà à quoi rimait ses journées... Il déjeunait avec elle le matin, sans que cela ne dérange personne, il arpentait les couloirs comme tous les jours, naviguant entre le labo de Daniel et celui de Carter, rendant visite à l’un puis à l’autre. Rien au sein de leur relation n’avait changé, tout était pareil, comme avant, comme si rien ne c’était passé. Mais comment faisait-elle ça ?! Comment arrivait-elle à jouer la comédie aussi bien ?! C’était inhumain. Lui n’y arrivait pas. Lui était désespéré par ses sentiments qui ne devenaient que de plus en plus forts de jour en jour. Il en arrivait à aller la voir plus de 7 fois en une matinée. Il s’amusait avec les objets de son bureau, prenant particulièrement soin à la détailler lorsqu’elle regardait dans son microscope. Il ne détournait jamais les yeux lorsqu’elle se relevait et lui jetait un coup d’œil afin de s’assurer qu’il ne touche pas à quelque chose qui aurait pu les blesser ou pire, les tuer ; mais elle déviait inévitablement le regard devant le poids de celui de son partenaire. C’était dans ces moments là qu’il comprenait qu’elle faisait seulement semblant de ne pas être intéressée, c’était dans ces moments là qu’il savait qu’elle ressentait exactement la même chose que lui. Il se demandait alors si comme lui, elle s’enfilait quelques bières le soir quand elle rentrait chez elle, si comme lui, elle se jetait dans son canapé, dépressive, en allumant la télé. Puisque c’était une femme, elle devait ingurgiter des pots de crème glacée lorsque lui descendait des paquets de cacahuètes ou de chips. Elle devait prendre comme lui, une simple douche et se coucher directement pour éviter d’avoir à trop cogiter. Et comme lui, elle devait avoir un million de difficultés à s’endormir, prise par des pensées le concernant, s’imaginant des choses qu’ils ne devraient même pas imaginer. Et retournant prendre une douche froide finalement sous cette frustration tordante. Bon, elle n’en était peut-être pas à ce point là, mais lui y était, et ça le rongeait profondément.
Le midi, il allait carrément chercher sa subordonnée à son labo et ils partaient ensemble pour manger. Avant de rejoindre leurs amis, leurs mains se frôlaient, leurs doigts se chatouillaient, tout en discrétion, bien entendu, puisque les caméras des couloirs étaient opérationnelles. Parfois, il lui donnait de bref coup d’épaule, alors qu’il savait qu’elle répondait docilement à cette attaque de force. Elle le repoussait alors de l’autre côté, tout en sachant très bien qu’il rirait car elle ne serait arrivée à rien, lui ayant beaucoup plus de force qu’elle. Il passait son temps à lui faire du pied sous la table du mess alors que leurs amis étaient près d’eux, il la dévisageait quelques fois tandis qu’elle évitait de croiser son regard et déménageait son pied, comprenant qu’à chaque fois, il la retrouverait. Il se demandait comment il était supposé réagir si un jour il frottait le pied de Daniel ou celui de Teal’c. Il eut une esquisse de sourire en pensant à ça et se convint que le mieux encore était de rester en face de Carter.
L’après midi, il repartait à la recherche de quelque chose, il ne savait pas quoi exactement, un problème entre deux soldats pour s’interposer, un appel de Carter ou Daniel pour qu’il vienne apporter son aide, croiser Teal’c pour aller à la salle de sport ensuite, quelque chose pour l’occuper... Il ne voulait pas faire ses rapports en retard, ça ne lui disait rien. Comme d’habitude. Ceci dit, il aimait bien aller les taper sur l’ordinateur de Carter. Il aimait bien sa présence rassurante, il aimait la savoir à côté de lui. Voilà ce que c’était que des sentiments plus profonds qu’amicaux.
Le soir, il la raccompagnait en général jusqu’à sa voiture et fermait sa portière dans une dernière vanne à laquelle seule Sam rigolait. Il montait dans sa voiture et la regardait ensuite s’éloigner. Il partait chez lui et n’attendait plus qu’une seule chose, la revoir le lendemain. Le pire, pour lui ? Les week-ends, il s’ennuyait ferme, ne voyait pas sa subordonnée et donc, s’enfermait chez lui.

En compensation à son malheur, il allait dans son grenier, le grenier qui était interdit d’accès, personne n’avait le droit de pénétrer dans cette pièce, celle ou il renfermait tant de secrets. Il insérait cette clef, cette fameuse clef qu’il cachait bien précieusement. Et il entrait dans la pièce, torse nu, simplement habillé d’un jean. Il faisait le tour de la pièce du regard, avant d’en faire le tour de nouveau, mais en touchant chaque mur, chaque objet. Les sensations que cela lui prodiguait était étrangement envoutantes. Depuis Sarah, il se vouait à ces jeux là. Personne n’avait encore pénétré cette pièce. Personne sauf lui, et une dizaine de filles, en qui il avait eu confiance. Enfin, le mot confiance était peut-être un peu gros. Pieds nus, il redécouvrait chacune des sensations qu’il avait pu avoir dans cette pièce, il laissait les frissons se propager sur son corps, faisant de lui un être totalement épris du désir. Son corps réagissait et il était alors obligé de se faire du bien, se soulageant dans un coin de la pièce prévu à cet effet. Il avait tout imaginé ici, tout construit, c’était sa salle à lui. Il aimait se faire du mal après ce qu’il avait vécu avec Charlie et Sarah. Il estimait que ses souffrances lui étaient méritées. Souvent, lorsqu’il était accompagné, c’était lui qui faisait souffrir, lui qui torturait d’un malin plaisir ses invitées. Comme il avait fait du mal à Charlie et à Sarah, il s’abandonnait à la souffrance de faire du mal, et bien qu’il pensait que cela le soulageait, il n’en était rien. Il savait qu’il continuait à souffrir intérieurement. Mais il n’avait pas trouvé le moyen de faire autrement, il n’avait pas trouvé comment se pardonner ses erreurs. Il cherchait toujours, alors maintenant, estimant qu’il ne souffrait pas assez, il s’abandonnait à ses douleurs lui même. Quand elles voulaient se venger, il les laissait faire, physiquement, il les laissait aller très loin. Plus loin que ce qu’il n’aurait jamais permis avant. Ses objets étaient peut-être un tourment, mais tellement plus à la fois. Il l’imaginait alors ici, lui s’occupant d’elle, il savait qu’il ne pourrait pas lui faire du mal, elle était trop précieuse à ses yeux. Mais bon dieu ce qu’il voulait qu’elle soit dans cette pièce avec lui, à le regarder, gémir son nom, lui arracher des cris de plaisir, criant son nom. Quand il ne l’avait pas à proximité, voilà ce qu’il faisait, il ne pouvait plus se contenter d’autres filles, il la voulait elle. Depuis ce fameux test zatarc, il la voulait elle, ici, avec lui, lui imposant un rythme qu’elle était bien loin d’avoir un jour atteint. Il voulait lui montrer ce qu’elle réveillait en lui, il voulait attiser le feu qui brulait dans ses veines, il voulait la prendre, ni doucement, ni sauvagement. Il ne savait pas encore, bien qu’à y réfléchir, il savait exactement ce qu’il voulait, la faire crier d’extase sous ses doigts. Et bien que la patience le perdrait un jour, aujourd’hui, il avait irrépressiblement besoin d’elle. Il voulait sentir sa chaire sous ses doigts, la sentir se tendre au passage de ses paumes, la sentir humide lors d’un soudain geste, la sentir trembler sous sa bouche, et pourquoi pas la transformer en une poupée grâce à ce qui faisait de lui un homme.
Sa respiration était courte, son corps réagissait déjà, son regard se posait sur chacune des pièces de tortures qu’il avait ici, l’imaginant dans chacune d’elle. L’imaginant se tordre, gémir son nom à lui, crier, jurer, demander à Dieu qu’il la laisse, l’imaginant atteindre le paroxysme des plaisirs, lui à ses côtés, l’aidant dans sa quête. Se contentant d’atteindre le summum de son plaisir en la regardant seulement. Beaucoup de monde ne comprenait pas ces façons de faire, mais il n’avait pas à se justifier, c’était son refuge, et pour la première fois de sa vie, il avait vraiment envie de le partager avec quelqu’un. Et ce quelqu’un, il savait que ce ne pouvait être que Samantha Carter.
Restait maintenant à lui faire comprendre ce qu’il voulait d’elle, et c’était probablement le moins facile dans toute cette histoire, qu’elle l’écoute était une chose, qu’elle l’accepte en était une autre. Il faudrait qu’il l’y engage doucement, sans lui porter de préjudice et lorsqu’elle aurait finalement confiance en lui, ils pourraient aller plus loin. Il avait besoin d’elle.

Le lundi suivant, avant de partir pour rentrer chez elle, Sam trouva une note sur un de ses livres au coin de son bureau. Celui qui l’avait laissé là la connaissait bien pour savoir qu’elle remettait toujours ses affaires en place avant de partir et que ce livre n’avait rien à faire ici. Elle l’aurait donc rangé. Sam prit la note dans sa main tandis qu’elle fut attentive à chaque mot. Cette écriture ressemblait étrangement à celle de son colonel.

« J’aime lorsque tu détournes ton regard, mais j’aime encore plus quand tu me regarde. Si tu veux croiser le mien, alors rejoins moi au Bataclan à 01h00 samedi. »

Pour accéder aux commentaires : Connexion

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?