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Changer le passé 2

Titiasyl, mercredi 30 mars 2016

Titre : Changer le passé 2.
Auteur : Titiasyl
Beta : Angelgym34
Série : Stargate SG1
Genre/Pairing : Violence, amitié
Personnages : Jack, Sam, Pete
Résumé : Jack retourne dans le passé pour changer les choses.
Saison : 8
Disclamer : Les personnages de la série appartiennent aux créateurs et à la MGM
Note de l’auteur : Dans ce volet, j’ai eu envie que ce soit Jack qui fasse un saut dans le passé. Ben oui, il ne faut quand même pas que ce soit toujours Sam qui fasse le travail lol. En tout cas, j’espère que vous aimerez cette histoire.

********************

Jack se trouvait dans son bureau à signer des dossiers lorsque son téléphone se mit à sonner.
- « O’Neill ! » gronda-t-il en collant le combiné à son oreille.
- « Bonjour monsieur. Je suis l’inspecteur Doyle, police de Denver. » fit un homme « Nous pensons avoir retrouvé le militaire porté disparu par vos services. »
- « Vraiment ? » sourit Jack, comme soulagé par ces paroles.
- « Pourriez-vous venir à Denver pour l’identification du corps ? » poursuivit l‘homme, peu soucieux des paroles prononcées.
- « Pour l’identification du corps ? » répéta le militaire en se décomposant.
- « Oui, monsieur. » fit le policier avant de réaliser « Je suis désolé de devoir vous l’apprendre ainsi. Je pensais que mes collègues vous avaient annoncé cette terrible nouvelle. »
- « Je serai là dans deux heures. » lâcha Jack, repassant en mode militaire « Dois-je me présenter directement à la morgue ? »
- « Oui. Je vous attendrai à l’entrée afin de vous conduire à la salle. » répondit le policier.
Le militaire raccrocha le téléphone sans répondre alors qu’il était anéanti.
Il ne supportait toujours pas de perdre des hommes.
Quelques secondes plus tard, Jack reprit un visage neutre et quitta son bureau d’un pas rapide.
- « Annulez mes rendez-vous. Je pars pour une durée indéterminée. » gronda-t-il en passant devant le bureau de sa secrétaire.
Connaissant l’homme, la jeune femme le laissa partir sans chercher à le retenir…
Un peu moins de deux heures plus tard, Jack descendit de l’avion et passa les barrages de sécurité.
Une fois sur le trottoir, le militaire héla un taxi qui s’arrêta devant lui, puis s’installa sur la banquette arrière.
- « A la morgue. » grogna Jack alors que le chauffeur de taxi se mit en route.
Le militaire resta silencieux tout le long du trajet, alors qu’il regardait les bâtiments de l’autre côté de la vitre.
Le chauffeur respectait le silence de son passager. En effet, en voyant l’air triste du militaire, il se doutait que la destination n’était pas pour le plaisir
- « Nous sommes arrivés, monsieur. » fit doucement le chauffeur en se retournant après avoir garé son véhicule.
- « Merci. Je dois vous combien ? » demanda Jack en sortant son portefeuille de sa veste.
- « Quinze dollars. » répondit simplement l’homme.
- « Tenez. » fit le militaire en tendant la somme puis sortant de la voiture.
- « Bon courage, monsieur. » fit le chauffeur en regardant le militaire.
- « Merci. » répondit Jack avant de fermer la portière.
Le militaire s’éloigna du véhicule afin de se diriger vers l’entrée de la morgue.
Arrivé près des portes, il remarqua un homme avec une plaque de police à la ceinture.
- « Inspecteur Doyle ? » demanda Jack en s’approchant de lui.
- « Oui. Vous devez être Monsieur O’Neill, n’est-ce pas ? » répondit le policier en lui tendant la main.
- « Oui. » se contenta de dire Jack en serrant la main de l’homme.
- « Allons-y. » déclara l’inspecteur en l’incitant à entrer dans le bâtiment « C’est par ici. »
Le militaire le suivit alors que la pression montait en lui.
Une fois devant la vitre d’identification, Jack souffla un grand coup alors que le légiste arrivait en poussant le chariot sur lequel se trouvait le corps du défunt.
Sur un signe de tête du policier, le médecin leva le drap alors que le militaire ferma les yeux de douleur.
- « Est-ce bien la personne que vous recherchiez ? » demanda l’inspecteur.
- « Oui. » répondit Jack alors qu’un nœud se forma dans sa gorge « Oui, c’est bien elle. »
Le militaire posa sa main sur la vitre et observa le corps allongé devant lui.
- « Mon dieu, mais que vous est-il arrivé pour que vous soyez dans un tel état ? » souffla Jack, effondré.
- « Si vous le désirez, je peux vous remettre une copie du rapport du légiste. » fit doucement le policier.
- « S’il vous plait oui. » répondit le militaire avant de sentir la colère monter en lui « Qui lui a fait ça ? »
- « Nous l’ignorons encore. » fit l’inspecteur « Mais nous finirons par le découvrir et le coffrer. »
- « Tenez-moi au courant de l’évolution de l’affaire. » gronda Jack en détournant le regard du corps, n’en pouvant plus.
Le policier fit un signe de tête montrant qu’il avait compris, puis le militaire s’éloigna afin de rejoindre la sortie.
Une fois sur le parking, il se permit de souffler alors que l’épreuve avait été grande pour lui.
Sachant qu’il allait rester plusieurs jours dans cette ville, il remonta la rue à pied dans le but de trouver un hôtel.
Une fois seul dans sa chambre, il prit son téléphone et composa le numéro de l’état-major.
- « Ici le général Jack O’Neill. » fit-il à son interlocuteur avant de répondre à la question posée « Oui, c’est bien notre homme. Le corps est actuellement à la morgue. Je m’occupe de la paperasse pour les funérailles. »
Sans attendre plus longtemps, Jack raccrocha et alla se placer à la fenêtre.
La journée avait été rude mais il savait que les prochains jours allaient l’être encore plus.
Plusieurs jours passèrent alors que le militaire avait réglé tous les détails de l’enterrement.
Juste après la mise en terre, Jack eut la surprise de voir l’inspecteur Doyle dans le cimetière, venant à sa rencontre.
- « Bonjour général. » le salua le policier.
- « Bonjour inspecteur. » répondit le militaire « Que venez-vous faire ici ? »
- « Je suis venu pour vous apporter le rapport du légiste. » fit Doyle en lui tendant un dossier.
- « Vous avez trouvé qui lui a fait ça ? » demanda Jack en prenant la pochette dans sa main.
- « Oui. Tout est noté dans le dossier. » l’informa l’inspecteur « Sachez aussi que nous l’avons arrêté et que mes hommes s’occupent de lui. »
Comprenant qu’il ne pourrait pas voir le meurtrier, le militaire regarda une dernière fois la tombe avant de reporter son attention sur le policier.
- « Merci beaucoup. » fit Jack.
- « Je n’ai fait que mon travail. » répondit l’inspecteur Doyle.
- « Peut-être. » sourit le militaire « Mais votre travail ne consiste pas à donner le rapport du légiste ainsi que les détails de l’affaire à un simple collègue de la victime. »
- « En effet, mais il faut savoir contourner le règlement quand on l’estime nécessaire. » déclara simplement le policier « Et j’étais avec vous à la morgue. J’ai bien vu que son décès vous affectait plus que comme un simple collègue. »
- « Nous avons servi ensemble pendant plusieurs années. » fit Jack, légèrement pensif « Ca créé des liens. »
- « Je vais devoir vous laisser. » fit Doyle en tendant sa main « Encore toutes mes condoléances et bon courage. »
- « Je vous remercie. » fit le militaire en lui serrant la main « Au revoir. »
Sur un signe de tête, le policier s’éloigna puis quitta le cimetière alors que Jack jeta un dernier regard à la sépulture toute fraiche.
A son tour, il quitta les lieux et regagna son hôtel d’un pas vif et rapide.
Une fois dans sa chambre, le militaire déposa le dossier sur la table puis alla récupérer son sac.
Jack jeta ses affaires dedans avant d’attraper son téléphone et de composer un numéro.
- « Ici le général O’Neill. » gronda le militaire « Je veux un hélicoptère prêt à décoller pour la Zone 51 dans trente minutes. »
Il raccrocha sans attendre de réponse avant de prendre son sac ainsi que le dossier.
Après avoir jeté un dernier regard à la pièce, il quitta les lieux puis l’hôtel une fois la note réglée.
Moins de trente minutes plus tard, Jack se trouvait dans l’hélicoptère le conduisant dans le Nevada.
Pendant le trajet, le militaire ouvrit le dossier et commença à le parcourir.
Tout ce qu’il lisait lui donnait la nausée alors que la fureur montait en lui.
Comment pouvait-on faire subir ce genre de choses à une personne ?
S’il avait pu avoir le meurtrier devant lui, il lui aurait fait subir les mêmes supplices mais encore plus violemment.
Il l’aurait réduit en miette sans pitié tout en prenant plaisir à l’entendre supplier.
Il visualisait déjà la scène lorsque son casque se mit à grésiller.
- « Nous allons bientôt nous poser, mon général. » l’informa le pilote.
Etant presque arrivé à destination, Jack referma le dossier et le rangea dans son sac.
Juste après l’atterrissage, le militaire descendit de l’appareil et se dirigea à pas rapides vers le bâtiment.
Il s’y engouffra en ne saluant personne, trop pressé d’arriver là où il voulait.
- « Mon général ! » l’interpela un homme « Mon général ! »
- « Quoi sergent ? » gronda Jack, mécontent d’être retardé.
- « Ce paquet est arrivé pour vous il y a une heure. » répondit le militaire, intimidé, en tendant le colis.
- « Merci, sergent. » fit le général en le récupérant « Rompez. »
Le sergent partit presqu’en courant alors que Jack fixa avec surprise le paquet.
Le général se remit en route alors qu’il prit la direction d’un bureau bien particulier.
Etant le chef des lieux, il n’avait pas besoin d’escorte ni d’autorisation pour se déplacer dans le bâtiment.
Une fois là où il voulait être, Jack s’assura qu’il était bien seul dans la pièce puis ferma la porte à clé derrière lui.
Le militaire prit le dossier du légiste dans son sac et le posa sur la table de travail.
Il se dirigea ensuite vers une des armoires et l’ouvrit avant de prendre un objet assez encombrant.
Une fois l’objet posé sur la table, Jack vit le paquet un peu plus loin et décida de prendre quelques minutes pour l’ouvrir.
Il eut la surprise de découvrir un cahier dans le fond de la boite, accompagné d’une lettre.
Curieux, le militaire décacheta l’enveloppe et déplia la feuille en soufflant d’appréhension.
Les quelques lignes couchées sur le papier le prirent à la gorge.
Il ne put empêcher quelques larmes de couler le long de ses joues.
Rapidement, Jack les essuya d’un revers de la main avant de prendre le journal pour commencer à le feuilleter.
Tout en survolant les pages, le militaire sentait son cœur se serrer à chaque ligne lue.
Son compagnon d’arme avait vécu un calvaire pendant de nombreuses années sans qu’il ne voie rien.
Jack ferma les yeux de douleurs en arrivant sur les dernières pages, ou plutôt les derniers jours de son ami.
Même si la lecture était plus que difficile, le militaire se força à les lire sans sauter un seul mot.
Vomir.
Il avait envie de vomir.
Et de tuer le fumier devenu un assassin.
D’un geste brusque, Jack referma le journal avant de le poser sur le dossier du légiste.
Il fit quelques pas dans le bureau alors qu’il avait besoin de faire baisser la rage qu’il avait en lui.
- « Je jure que tout cela n’arrivera jamais. » gronda le militaire en tournant autour de la table de travail « Jamais ! »
Jack prit le cahier ainsi que le rapport du légiste et les glissa dans une petite valisette se trouvant au pied du bureau.
Tout en la gardant dans sa main, le militaire se plaça près de l’objet posé sur le bureau, avant de le mettre en route.
- « Bon alors, que je me rappelle comment fonctionne ce machin. » réfléchit le général, fronçant les sourcils de concentration.
Jack avait eu une présentation du fonctionnement de la machine bien des années plus tôt.
Il se souvenait qu’un mauvais paramétrage pouvait causer de très gros problèmes.
- « Ca y est ! » s’exclama le militaire fier de lui « J’me rappelle. »
Concentré, il appuya sur quelques touches jusqu’à ce qu’une lumière rouge apparaisse.
- « Et c’est parti. » souffla Jack avant de poser sa main sur l’appareil « Attention les gars, me revoilà ! »
Comme il l’avait prévu, le militaire atterrit directement en salle d’embarquement de la porte des étoiles au SGC.
Dans un soupir, Jack regarda autour de lui, ravi d’être de retour dans ce lieu qu’il avait toujours aimé et qui lui manquait terriblement.
L’alarme de la base retentit et le tira de ses pensées, alors que des hommes armés entrèrent dans la salle.
Le général resta sans bouger et leva les yeux vers la salle de contrôle alors qu’il vit son lui du passé.
- « Salut Jack ! » fit le général du futur « Je débarque de l’année 2018. Si tu pouvais ordonner à tes hommes de baisser leurs armes, ce serait super. »
- « Et qui me dit que vous êtes bien qui vous dites être ? » gronda le chef de la base.
- « Charlie adorait la glace à la vanille avec des smarties dessus. Juste avant l’accident, vous en aviez mangé une suivie de lancés de balles de baseball. » se contenta de dire le Jack du futur.
- « Baissez vos armes ! » ordonna le chef de la base, alors que personne ne savait ce fait de sa vie.
Le Jack du présent commença à quitter la salle des commandes mais il fut arrêté dans ses gestes.
- « Pas la peine de descendre ! » S’exclama le général du futur « Je monte et ensuite, on ira en salle de briefing. »
A peine quelques secondes plus tard, les deux Jack se trouvèrent l’un en face de l’autre alors que le colonel Carter arriva dans la salle.
- « Ah vous tombez bien, vous. » fit le Jack du futur « Allez, en salle de briefing et tout de suite ! »
- « Hey, c’est ma base ! » gronda le Jack du présent, mécontent de se faire donner des ordres.
- « Mon général ? » fit Carter, stupéfaite de voir deux Jack « Que se passe-t-il ? »
- « Aucune idée, Carter. » fit le chef de la base « Il est arrivé en salle d’embarquement et c’est tout ce que je sais. »
Les trois militaires montèrent les escaliers menant à la salle de briefing puis ils prirent place chacun sur un fauteuil.
Le Jack du futur s’installa en bout de table, à la place de l’actuel chef des lieux.
- « Hey, c’est ma place. » gronda le général du présent.
- « Arrête de râler et assis toi ! » répondit le Jack du futur, impassible et observant Carter avec tristesse.
- « Alors, pourquoi es-tu revenu dix ans dans le passé ? » demanda le général du présent, curieux et voulant une explication.
- « Parce que je veux changer quelque chose qui a commencé il y a quelques temps pour vous. » répondit simplement le Jack du futur.
- « Et quoi donc, monsieur ? » voulut savoir Sam alors qu’elle était plus que curieuse.
- « Vos fiançailles avec Shanahan ! » gronda le général du futur, crachant presque ses mots.
- « Pardon ? » s’étouffa presque la jeune femme « Vous êtes revenu dans le passé pour ça ? Et pourquoi je ferai une telle chose ? »
- « Parce qu’il ne vous rend pas heureuse. » s’exclama Jack « Ce n’est pas un homme pour vous. »
- « Il est très gentil avec moi et il est ma seule chance d’avoir la famille dont je rêve. »
- « Balivernes ! » cracha le général du futur, ulcéré d’entendre de telles choses « Il est jaloux comme un poux. »
- « Il n’a aucune raison de l’être. » le contra Sam en le toisant du regard.
Pendant ce temps, le Jack du présent ne disait rien et les observait faire comme s’il regardait un match de tennis.
- « Pourtant, il l’est. » réitéra le militaire avant de continuer « Vous êtes tout le temps triste depuis que vous êtes avec lui. »
- « Mais non, il me rend vraiment heureuse. » répondit la jeune femme, avec moins de hargne et baissant les yeux.
- « Alors où sont vos yeux qui pétillent ? Et votre sourire ? » demanda le Jack du futur avec douleur « Et votre joie de vivre ? »
Sam le regarda alors qu’elle ne sut que lui répondre.
Le Jack du présent l’observa et se rendit compte que les arguments de son lui futur étaient plus que vrais.
- « C’est vrai Carter. » fit le général actuel « Depuis que vous êtes avec lui, vous n’avez plus cet éclat de bonheur qui illuminait vos yeux. »
La jeune femme se leva furieuse alors qu’elle estimait avoir assez entendu d’âneries.
- « Où allez-vous comme ça Carter ? » demanda le Jack du présent.
- « Tout ce que vous dites est totalement faux. » gronda Sam « Alors je préfère quitter la pièce que d’entendre tout ça. »
Alors qu’elle avait esquissé quelques pas pour quitter la pièce, une poigne ferme lui attrapa le bras et l’empêcha d’avancer.
- « Oh que non, vous ne quitterez pas cette pièce. » gronda le Jack du futur avant de presque la jeter sur le fauteuil.
En colère, il attrapa le journal dans sa petite sacoche et le posa avec violence sur la table devant la jeune femme.
Le bruit sec fit sursauter Sam alors qu’elle ne s’attendait pas à une telle réaction chez lui.
Le jack du présent les observait sans rien dire alors qu’il savait que son lui futur serait incapable de faire du mal à Sam.
Le général du futur ouvrit le cahier sur une page, alors qu’il savait que la lecture de celle-ci serait plus que dure.
- « Lisez ! » ordonna méchamment le Jack du futur « Vous allez savoir ce que vous avez vécu le 29 décembre 2012. »
La jeune femme ne bougea pas, comme pétrifiée par la colère de cet homme à côté d’elle.
- « LISEZ ! » hurla le général du futur, ne supportant pas de la voir ainsi.
Après un petit sursaut, Sam s’approcha de la table alors que le Jack du présent se redressa dans son fauteuil.
- « Hey, calme-toi ! » gronda le chef de la base « Tu lui fais peur ! »
- « Ok ! Tu le prends comme ça. » fit le Jack du futur en attrapant le cahier « Alors je vais faire moi-même la lecture. »
Il prit une bonne inspiration et commença à lire la page :

29 décembre 2012
Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Ça aurait dû être un jour heureux pour moi. Mais il a été aussi malheureux que les autres jours depuis qu’il est entré dans ma vie.
Il a fait venir ses amis pour regarder un match de foot. Comme d’habitude, je les ai servis en bière, chips et hot dog.
Et comme d’habitude, je n’ai pas eu le droit de manger.
L’après-midi aurait pu s’arrêter là mais non, ils ont eu besoin de leur quatre heures.
Moi.
Il les laisse me toucher et faire ce qu’ils veulent de moi. Et comme d’habitude, je n’ai rien droit de dire sous peine de prendre des coups.
Encore une fois, j’ai dû satisfaire leurs besoins à tous.
Il offre mon corps à ses amis avec un immense plaisir.
Aujourd’hui, parce que c’est mon anniversaire, il a convié dix de ses amis.
Ils sont tous repartis il y a quelques minutes à peine. Je suis enfermée dans les toilettes, seule pièce où il ne vient pas me chercher, pour t’écrire.
J’aimerais tant pouvoir prendre une douche, faire disparaitre toutes ces traces sur moi.
Je dois te laisser, il m’appelle et n’a pas l’air content. Je sais qu’il va dire que je n’ai pas satisfait ses amis comme j’aurai dû.
Il va me punir une bonne partie de la soirée. Vu ce que j’entends, il va certainement utiliser son fouet ou sa cravache.
Peu importe, je vais encore souffrir.
Pourquoi ai-je cru qu’il me rendrait heureuse ?
Mes amis me manquent tant. IL me manque tant.

Alors que le Jack du futur lisait, la jeune femme ne put empêcher les larmes de couler, une main tremblante devant ses lèvres.
Elle savait que ce qui était dans le cahier se trouvait être la vérité étant donné qu’elle avait reconnu sa propre écriture.
Jack ferma le cahier une fois sa lecture terminée et le posa doucement sur la table.
- « Il y a une chose qui n’est pas notée dans ce journal. » déclara le général du futur.
- « Laquelle ? » osa demander Sam, en fermant les yeux d’appréhension.
- « Dans exactement dix ans, jour pour jour, vous serez enterrée à Colorado Springs, aux côtés de vos parents. »
La jeune femme devint livide alors qu’elle ne s’attendait pas à entendre une telle chose.
- « Enterrée ? Comment ça enterrée ? » demanda le Jack du présent, retourné par la nouvelle « Elle est morte de quoi ? Elle était malade ? »
- « Ouaip, c’est ça ! Elle était malade. » grogna le général du futur.
- « Quelle maladie ? » voulut savoir Sam alors qu’elle était toujours livide.
- « La folie. » répondit le militaire du futur « Folle d’être restée avec ce connard. »
Le Jack du présent se redressa dans son fauteuil alors que la colère commençait à monter.
- « C’est ce trou du cul qui l’a tuée ? » fulmina le chef de la base, serrant ses poings de rage.
- « Oui. » fit simplement le général du futur en se rasseyant.
- « Comment pouvez affirmer que c’est lui qui m’a fait ça ? » demanda la jeune femme, alors qu’elle avait repris du poil de la bête.
- « Puisque vous ne voulez pas me croire, je vais vous lire le rapport du légiste. » cracha le Jack du futur en attrapant déjà le dossier.

Rapport d’autopsie :
Le sujet nommé « Samantha Carter », de sexe féminin est décédé le 28 juin 2018. Son corps a été retrouvé dans une ruelle dans une zone industrielle de Denver.
Après examen, il en est ressorti que la victime a été sévèrement battue sur la totalité de son corps.
Le visage présente de grosses fractures ainsi qu’un enfoncement de la boite crânienne. Le nez est cassé avec écrasement des cartilages internes.
La trachée a été enfoncée et des traces de strangulations sont présentes. Elles sont antérieures au décès.
Sur le corps, des traces multiples de brulures, fouet (ou d’un objet similaire) sont visibles.
La victime ne pèse qu’une quarantaine de kilos tout au plus, signe d’une importante privation de nourriture.
Sur les poignets ainsi que sur les chevilles, des traces de lacérations profondes.
Des résidus de tissus ont été trouvés sous les ongles de la victime, signe qu’elle s’est défendue avant de mourir.
Après examen gynécologique, de multiples déchirures vaginales ont été vues et sont très récentes. Je peux affirmer que la victime a été violée de nombreuses fois avant son décès.
Suite aux prélèvements faits, il apparait que les traces de sperme recueilli appartiennent à un certain Pete Shanahan.
Fin du rapport

Le Jack du futur referma le dossier puis le jeta presque sur la table, comme s’il lui brulait les doigts.
- « Ça vous suffit pour me croire maintenant ? » demanda-t-il douloureusement.
Le teint cireux, Sam se leva de sa chaise et commença à s’éloigner de la table.
- « Faut que j’aille vomir. » gémit-elle avant de partir en courant.
Les deux généraux se retrouvèrent donc seuls dans la salle de briefing alors qu’ils se regardèrent sans un mot.
- « Tu n’as jamais rien remarqué pendant toutes ces années ? » finit par demander Jack.
- « Non, jamais. » soupira le militaire du futur, d’un air coupable « Depuis son mariage avec ce connard, elle s’est peu à peu éloignée de nous tous. Au début, j’ai pensé qu’elle ne voulait plus nous voir mais maintenant... »
- « Mais maintenant, tu penses que c’est lui qui est derrière son éloignement. » termina le chef de la base.
- « Oui. » répondit simplement le Jack du futur avant d’ajouter « Au fait, tu consigneras Carter à la base ce soir. »
- « Et pourquoi ? » voulut savoir le général actuel.
- « Dans son journal, ma Carter a fait le récit de la soirée que ta Carter va passer ce soir. » expliqua le militaire du futur « Et ça ne sera pas du tout une bonne soirée pour elle. »
Ne pouvant lui expliquer de vive voix, le Jack du futur fit glisser le journal à son lui passé.
Le chef de la base se pencha sur la page et commença à lire.
Au bout de quelques instants, il referma le journal d’un geste sec avant de souffler un bon coup pour se calmer.
Avant qu’il n’ait eu le temps de dire quoi que ce soit, Sam revint dans la pièce.
Elle se figea à l’entrée lorsque les regards des deux hommes se posèrent sur elle.
- « Carter, vous êtes consignée à la base jusque demain. » ordonna le chef de la base, sur un ton assez sec.
- « Quoi ? » gronda la jeune femme « Mais pourquoi ? »
- « Je n’ai pas à vous donner de raisons, Carter. » s’énerva Jack « C’est un ordre. »
Mécontente, Sam quitta la salle de briefing et partit en direction de ses quartiers.
Les deux hommes la regardèrent partir en grimaçant alors qu’ils avaient bien senti sa colère.
- « Je suis heureux de pouvoir la revoir. » souffla le Jack du futur en observant toujours la porte désormais vide.
Le chef de la base ne répondit pas mais comprenait parfaitement le sens de ses paroles…
Quelques minutes plus tard, les deux militaires échangèrent un regard alors que le chef de la base se leva de son fauteuil.
- « J’ai un mauvais pressentiment. » déclara le Jack du futur.
- « Pareil. » ajouta le général actuel avant de continuer « Allons-y. »
Vu l’heure, ils se dirigèrent vers les quartiers de la jeune femme et frappèrent à la porte.
- « Carter. » parla fortement Jack « Nous devons vous parler. Ouvrez. »
Seul le silence leur répondit.
Le Jack du futur tourna donc la poignée et ouvrit doucement la porte.
Les deux hommes eurent la surprise de découvrir les lieux vides.
- « C’est pas vrai. » gronda le général « Mais où est-ce qu’elle a bien pu passer ? »
Après un simple échange de regards, les militaires se dirigèrent vers la salle de surveillance.
Le sergent en poste se leva brusquement et se mit au garde à vous.
- « Repos sergent. » fit Jack « Suivez les déplacements du colonel Carter depuis sa sortie de la salle de briefing il y a environ vingt minutes. »
Le militaire obéit sans poser de questions et remonta dans les bandes de surveillance afin de localiser Sam.
De caméra en caméra, ils la suivirent et la virent entrer dans les vestiaires.
- « Mais qu’est-ce qu’elle fabrique encore ? » gronda le général du futur.
- « J’en sais rien du tout, mais je sens que ça va pas nous plaire. » râla le chef de la base.
Quelques instants plus tard, les trois hommes la virent ressortirent des vestiaires habillée en civil.
Ils observèrent la jeune femme prendre l’ascenseur pour remonter au niveau du parking.
- « Passez sur la bande du parking. » ordonna Jack au sergent.
- « A vos ordres, mon général. » répondit le militaire en obéissant.
Le sergent bascula sur le secteur en question et tous virent le colonel Carter quitter les lieux avant de prendre la direction de chez elle.
Le Jack du futur n’attendit pas plus et quitta la salle de surveillance en courant.
Alors que le chef de la base se tournait vers son lui futur, il ne vit que le vide et la porte de la pièce se refermer.
- « Il pourrait m’attendre quand même. » gronda Jack en sortant à son tour et criant dans le couloir « Hey, attends-moi ! Je te rappelle que c’est moi qui aie les clefs de la voiture. »
- « Cours plus vite alors. » répondit le Jack du futur sans se retourner « Faut vraiment qu’on se dépêche ! »
De son coté, Sam venait d’arriver chez elle alors qu’elle se gara juste devant son garage.
Une fois descendue de voiture, elle la verrouilla puis se dirigea vers la porte d’entrée de sa maison.
Quelques secondes plus tard, elle fut dans son entrée et referma la porte derrière elle, sans oublier de mettre le verrou.
La jeune femme déposa son sac à main, ainsi que ses clefs sur le petit meuble de l’entrée.
- « Hop à la douche. Pete ne va pas tarder à arriver. » sourit Sam pour elle-même « Je sens que cette soirée va vraiment être super. »
La jeune femme passa par sa chambre afin de prendre des sous-vêtements ainsi que des habits propres.
Elle prit une bonne douche bien chaude alors qu’elle chantonnait de joie en même temps.
Quelques minutes plus tard, Sam sortit de la cabine de douche avant de s’essuyer avec énergie puis de s’habiller.
Elle venait à peine de terminer de se maquiller et coiffer que la sonnette de la porte retentit.
- « Ah le voilà. » s’exclama joyeusement la jeune femme « Pile à l’heure. »
Sam courut presque dans le couloir afin d’aller ouvrir rapidement à son petit-ami.
- « Bonsoir Pete. » fit-elle en l’embrassant tendrement « Entre. »
- « Salut. » se contenta de répondre le policier, avant de rentrer dans la maison « Tu es prête ? »
- « Oui. J’enfile ma veste et on peut y aller. » sourit Sam avant d’ajouter « J’ai regardé le programme du cinéma. Et je suis bien tentée par le film « Divergente ». »
Alors qu’elle allait continuer sur sa lancée, Pete serra les poings de colère avant de lui attraper violemment le bras.
- « C’est moi qui décide de ce que tu fais ou dis ! » gronda le policier « Tu entends ? »
- « Non mais ça va pas ? » râla la jeune femme « Je suis une grande fille, je te rappelle. Je fais et dis ce que je veux. »
- « Certainement pas avec moi, femme ! » s’énerva encore plus Pete avant de se mettre à la frapper « Je vais te mater, tu vas voir. »
Il la frappa de nombreuses fois avec ses poings, alors que Sam n’arrivait même plus à se défendre.
- « Ahhhh… » hurla la jeune femme « Arrête. S’il te plait, arrête… »
- « Ferme la, femme ! » cria le policier avant de la frapper de nouveau.
Quelques minutes plus tard, Sam était étendue sur le sol, le visage en sang alors qu’elle n’avait même plus la force de bouger.
Tout son corps la faisait atrocement souffrir et elle avait même du mal à respirer convenablement.
- « La soirée n’est pas finie, je te le garantie ma chérie. » sourit méchamment le policier en sortant une cravache de sous sa veste.
Sam écarquilla les yeux de stupeur à cette vue et se mit difficilement sur le ventre pour essayer de ramper loin de cet homme.
- « Mais c’est encore mieux ainsi. » s’exclama Pete avant d’abaisser violemment la cravache sur le dos de Sam « Tu sentiras encore plus la leçon de ce côté ! »
- « AHHHHHHH…  » hurla la jeune femme de douleur en essayant de s’éloigner sans y parvenir.
Le policier continua de frapper encore et encore jusqu’à ce que le dos de Sam soit en sang.
La jeune femme avait fini par perdre connaissance tant la douleur avait été intense.
Pete la regarda un petit moment alors qu’il était plus que fier de lui.
A force de l’observer, il eut une furieuse envie de se soulager, excité par la vue de sa petite jupe remontée jusqu’au niveau de ses fesses.
Sans la moindre douceur, Pete attrapa Sam et la chargea sur ses épaules comme un vulgaire sac à patates.
Encore sonnée, la jeune femme ne bougea pas alors que la douleur de son dos la fit émerger.
- « Hmmmm. » gémit-elle en ouvrant difficilement les yeux.
Il remonta le couloir pour arriver dans la chambre de Sam puis il la jeta sans ménagement sur le lit.
Profitant qu’elle soit encore sonnée, il attrapa les paires de menottes dans la poche de sa veste.
Avec lenteur, Pete attacha chacune des chevilles de Sam aux barreaux du lit avant de s’occuper de ses poignets.
- « Je vais vraiment passer une bonne soirée. » s’exclama le policier en se caressant l’entrejambe de plaisir.
Trouvant la jeune femme trop habillée, il alla dans la salle de bain à la recherche d’une paire de ciseaux.
- « Ah, les voilà. » s’exclama Pete, fier de lui.
Une fois l’instrument en main, il retourna dans la chambre alors que Sam commençait à émerger.
- « Hmmm. » gémit-elle avant d’essayer de se tourner, tant son dos la faisait souffrir.
- « Tu es réveillée, femme ? » fit le policier, d’un air sadique.
Sam le fusilla du regard, alors que Pete leva le poing vers elle.
- « Ne regarde pas ton maitre de cette manière ! » gronda-t-il en abattant son poing sur le visage de la jeune femme.
- « Hummfff. » gémit-elle de douleur.
Le policier utilisa la paire de ciseaux et découpa les vêtements de Sam avant de jeter les morceaux sur le sol.
Il tira sur les morceaux de tissus coincés entre son dos et le matelas, arrachant ainsi un cri de douleur à la jeune femme.
- « Ahhhhhh. » hurla Sam « Enfoiré ! »
- « Je t’ai déjà dit de ne pas me parler ainsi. » cria Pete en lui donnant un coup de poing dans le ventre.
Sam se trouvait maintenant en sous-vêtements alors que le policier s’était allongé sur elle, pesant ainsi de tout son poids.
La jeune femme gesticulait comme elle le pouvait alors que le contact du matelas et des draps sur son dos était horrible.
- « Ça va vraiment être extra, tu vas voir. » ricana Pete en commençant à la caresser sans douceur.
Au même moment, les deux Jack arrivèrent dans la chambre de Sam, alors que le « couple » ne les avait pas entendus arriver.
En voyant la scène, le Jack du futur vit rouge et attrapa Pete par le col afin de le jeter par terre.
Le général du futur maintenait le policier sur le sol alors que celui-ci n’arrivait même pas à se relever.
- « Lâchez-moi. » gronda-t-il « Vous n’avez pas le droit de me traiter ainsi. »
- « Occupe-toi de Sam pendant que je m’occupe de ce connard. » ordonna le Jack du futur à son lui actuel.
- « Hey ! Pourquoi c’est toi qui t’occuperais de lui ? » demanda le chef de la base, jaloux.
- « Il a tué ma Sam. » répondit simplement le Jack du futur en ancrant son regard dans celui de son lui du présent.
- « Occupe-toi de lui. Après tout, je me dois bien ça. » fit le Jack du présent, comprenant parfaitement le ressenti de son lui futur.
Pendant ce temps, le militaire se tourna vers Sam et vit les menottes à ses chevilles ainsi qu’à ses poignets.
Jack prit les clefs posées sur la table de nuit avant de détacher rapidement son amie.
Sam se jeta en pleurs dans ses bras tant elle était effrayée par tout ce qu’il venait de lui arriver.
Avec délicatesse, Jack la serra contre lui tout en faisant bien attention à son dos, ayant vu les grosses traces de sang sur les draps.
Pendant ce temps, le militaire du futur avait trainé un Pete grondant à l’extérieur de la maison.
- « Comment oses-tu la traiter ainsi ? » hurla le Jack du futur en le frappant de ses poings « Elle mérite le respect et surtout de la douceur. »
- « C’est une femme et j’en fais ce que je veux. » gémit le policier en essayant de se défendre.
- « Pauvre con ! » gronda le militaire du futur en continuant de frapper.
Au bout d’un moment, Pete se retrouva sur l’herbe alors qu’il n’arrivait plus à bouger.
Dans la chambre, Jack remarqua la bague au doigt de Sam et lui prit délicatement la main.
- « Je vais rendre ça au gros salopard. » fit le militaire en ôtant doucement l’anneau. « Je reviens vite, ne bougez pas. »
- « Non, s’il vous plait, ne me laissez pas seule. » souffla la jeune femme, choquée et s’agrippant à lui.
Au même moment, le Jack du futur arriva dans la chambre et s’arrêta sur le pas de la porte.
- « J’ai oublié de récupérer la… » commença-t-il avant de s’interrompre en voyant ce que son lui actuel lui tendait « Parfait. Je vais rendre ça au gros connard. »
Le militaire du futur quitta la pièce pour rejoindre Pete qui se trouvait toujours allongé dans l’herbe.
- « Si jamais tu reviens l’emmerder, je te promets que je te rayerais de la surface de la planète. » murmura méchamment le Jack du futur avant de lui mettre la bague dans la poche de la chemise « Et, pour information, je tiens toujours mes promesses. »
Pete se contenta de hocher la tête dans un signe d’accord alors qu’il était trop sonné pour parler.
Sur ces derniers mots, le militaire se retourna et rentra dans la maison en prenant bien soin de fermer derrière lui.
- « Voilà, gros connard a débarrassé le plancher. » sourit le Jack du futur en revenant dans la chambre « Maintenant, je suggère que nous amenions Carter à l’infirmerie. »
- « En effet, c’est une excellente idée. » répondit le chef de la base en regardant le drap taché de sang.
Sam pleurait toujours dans les bras de son supérieur alors que celui-ci la réconfortait comme il le pouvait.
- « Sam, c’est terminé. » fit doucement le Jack du futur « Je lui ai collé une rouste d’enfer et mis dehors. Maintenant, séchez vos larmes. »
- « J’aurais dû vous obéir et rester à la base. » souffla la jeune femme, pleurant toujours.
- « Hey, ne vous prenez pas la tête avec ça. » sourit le Jack du futur « Quant à moi, j’aurais dû me rappeler que vous aviez parlé de cette soirée comme étant spéciale. Alors maintenant, séchez vos larmes et allons faire soigner vos blessures. »
La jeune femme se laissa aller à sourire et hocha la tête dans un signe d’acceptation, puis essaya de se lever.
La voyant chancelante, le Jack du présent la prit délicatement dans ses bras tout en faisant attention à ses plaies.
- « En route les jeunes. » s’exclama le militaire du futur en prenant la tête du convoi.
Une fois bien installée dans la voiture, les deux hommes montèrent à leur tour puis ils prirent la direction de la base.
A l’infirmerie, Jack posa la jeune femme sur un lit alors que le docteur Brightman s’approcha rapidement d’eux.
- « Que vous est-il arrivé, colonel Carter ? » demanda le médecin en voyant son visage.
- « C’est le dos qui est le plus grave. » grimaça le Jack du futur en s’éloignant un peu du lit.
- « Les plaies ont beaucoup saigné. » ajouta le Jack du présent en laissant de la place également.
Le docteur Brightman s’approcha et regarda le dos de Sam en écarquillant les yeux de stupeur.
- « Mon dieu. » s’exclama le médecin en voyant les plaies sanguinolentes « Comment est-ce arrivé ? »
- « Des coups de cravache. » souffla Sam les larmes aux yeux.
- « Allongez-vous sur le ventre, colonel. » ordonna gentiment le docteur « Je vais nettoyer tout ça puis mettre des pansements ensuite. »
Sans avoir besoin de le signifier, les deux généraux s’éloignèrent afin de leur laisser toute l’intimité nécessaire.
Quelques minutes plus tard, le médecin rouvrit le rideau et ils purent revenir auprès de Sam.
Celle-ci était maintenant assise sur le lit, et arborait une blouse d’hôpital.
- « Le colonel va passer la nuit à l’infirmerie. » expliqua le docteur « Je lui passe des antidouleurs en perfusion afin de calmer les douleurs assez vives de son dos. »
- « Faites ce qu’il y a à faire. » répondit Jack avant de regarder son second « Essayez de dormir cette nuit, Carter. Nous nous verrons demain matin. »
Le chef de la base quitta ensuite l’infirmerie pour rejoindre ses quartiers alors qu’il avait envie d’être seul.
Le Jack du futur resta encore quelques minutes à observer la jeune femme alors que ça lui faisait du bien de la revoir.
- « Je vais vous laisser aussi. » sourit le militaire « Bonne nuit. »
- « Je peux avoir le journal ? » demanda simplement Sam.
- « Non. »
- « S’il vous plait. » souffla la jeune femme « Je suis en droit de le lire. »
- « Ecoutez… »
- « Vous m’aviez consignée à la base pour une bonne raison. » gronda Sam « J’en ai eu un aperçu. J’ai le droit de savoir ce que votre Carter a vécu ce soir-là ainsi que les années qui ont suivi. »
Devant le regard de la jeune femme, le Jack du futur ne put que capituler avant de s’éloigner du lit.
- « Je vais le chercher. » répondit-il « Je reviens dans pas longtemps. »
- « Promis, vous revenez dans peu de temps ? » demanda Sam, voulant être sûre.
- « Promis. » fit simplement le militaire, le regard douloureux.
Quelques minutes plus tard, le Jack du futur revint à l’infirmerie et lui tendit le journal avec douceur.
- « Le voici. » souffla le militaire « Je passerai vous voir demain matin. »
Sur ces derniers mots, il quitta l’infirmerie pour rejoindre le quartier des invités.
La soirée avait été rude et il avait besoin d’être seul.
Sam regarda le cahier entre ses mains alors qu’elle l’ouvrit en tremblant.
Une feuille volante glissa alors qu’elle l’ouvrit avec appréhension.

Jack,
Si vous recevez ce colis, c’est que je ne suis plus de ce monde et je me doute de la raison.
Je voulais que vous sachiez que mes années à servir sous vos ordres ont été les plus belles de mon existence.
J’ai fait des choix que je regrette amèrement aujourd’hui. J’espère que vous me pardonnerez pour vous avoir fait souffrir comme je l’ai fait.
Avec cette lettre, vous trouverez mon journal intime. N’ayez pas peur de le lire. Peut-être cela pourrait-il aider à le faire condamner.
Merci d’avoir été un ami et même plus que ça.
Pour toujours votre,
Sam.

Quelques larmes coulèrent le long des joues de la jeune femme alors qu’elle replia soigneusement la lettre.
Elle poussa un long soupir pour commencer à lire le premier passage, qui correspondait à la soirée qu’elle aurait pu vivre.

28 juin 2008
Ce soir aurait dû être une soirée spéciale. C’était notre première soirée depuis que nous sommes fiancés. Il m’avait promis un bon moment.
Oh, le moment a été bon. Mais pour lui !
Il est arrivé juste après que j’ai terminé de m’habiller. Je lui ai dit que j’avais envie d’aller voir Divergente car le film me plaisait beaucoup.
Sa seule réponse a été de me frapper plusieurs fois avec ses poings.
Comme il n’en avait pas assez, il a sorti une cravache de sa veste.
J’ai essayé de fuir mais j’avais tellement mal partout que je n’ai pu que ramper sur le sol.
En fait, ça l’a vraiment bien amusé de me voir faire. Et il s’en est donné à cœur joie sur mon dos.
J’ai perdu connaissance quelques instants et quand je me suis réveillée, j’étais menottée poignets et chevilles sur mon lit et lui au-dessus de moi.
Il m’a violée toute la nuit, se moquant complètement de moi.
Seul son plaisir comptait. J’ai hurlé si fort mais il s’est contenté de continuer ses affaires.
Au matin, je lui ai ordonné de quitter ma maison et de ne plus jamais revenir.
Il n’a fait que rire avant de me donner à nouveau des coups de cravache.
Il a fini par me murmurer qu’il me tuerait sans aucune hésitation.
Il est ensuite parti travailler pendant que je suis restée étendue sur le sol de ma cuisine.
J’ai pleuré tout ce que je pouvais avant de me relever et de nettoyer le sang sur le sol ainsi que mes draps.
J’ai pris une douche et je me suis soignée le dos comme j’ai pu. Vu son état, je sens que je vais garder des cicatrices.

Sam ferma les yeux de douleur alors qu’elle savait que c’était ce qu’elle aurait vécu, si le Jack du futur n’avait pas été présent.
Malgré ce qu’elle venait de lire, elle passa à la page suivante.
Pendant un long moment, les récits s’enchainèrent alors que la jeune femme ne faisait que pleurer.
Ce qu’elle lisait lui donner des haut le cœur tant son elle futur avait vécu l’horreur.

09 décembre 2009
Aujourd’hui est le jour qui met un terme à mon rêve le plus cher.
Ma vie est un enfer depuis mes fiançailles mais c’est encore pire à cet instant.
J’avais quelques examens de routine à faire à l’hôpital.
Pour des raisons de confort, selon le médecin, il valait mieux que je sois endormie.
Je n’ai pas eu le temps de dire quoi que ce soit que je me suis retrouvée avec un masque sur le visage.
Quelques secondes à peine plus tard, je dormais.
Lorsque je me suis réveillée quelques heures plus tard, j’avais horriblement mal au ventre. Je n’ai pas compris alors j’ai soulevé ma blouse.
J’ai vu quatre points avec des sutures.
Lorsqu’il est entré, je lui ai demandé ce qu’il s’était passé.
Il m’a répondu : « Juste ce qui était prévu. »
Lorsque le médecin est entré, il m’a dit que tout s’était très bien passé et que la ligature des trompes était une réussite.
Ligature des trompes = stérilité.
Le docteur a dû voir que quelque chose clochait car il s’est arrêté sur mon visage.
Le médecin m’a montré les papiers que j’avais soi-disant signés mais je savais que ce n’était pas moi.
Il souriait, fier de lui à mes côtés.
J’avais compris. Il avait rempli les papiers à ma place sans que je ne le sache.
A son visage, je sais que le docteur a compris aussi. Mais il n’a rien dit. Il s’est contenté de nous saluer puis est sorti de la chambre.
Moi, la seule chose que j’avais comprise, était que jamais je ne pourrai avoir d’enfants et que c’était irréversible.
Nous sommes rentrés quelques temps plus tard.
La seule différence est que maintenant, je sais que mon enfer est éternel.

Après avoir manqué de vomir à plusieurs reprises, elle arriva à la dernière page du journal.

27 juin 2018
Il est déjà vingt-trois heures et pourtant, je n’ai pas envie de dormir.
Aujourd’hui a été une journée plus qu’horrible. Je déteste mon corps, à un point que tu ne peux (ou veux) pas imaginer.
Il a invité presque tous ses amis. Et crois-moi, ça fait un sacré nombre.
Ils sont arrivés en début de matinée pour repartir il y a seulement quelques minutes.
Et tu sais quoi ? Pour changer, j’ai dû tous les satisfaire. Tous sans exception.
Et lui, il les a regardés jouer avec mon corps, seuls ou à plusieurs.
J’ai mal partout et j’ai du mal à rester assise. J’ai tellement pleuré ces dernières années que je n’ai plus de larmes à verser ce soir.
Je le hais comme jamais. De tout mon être.
Mes amis me manquent. IL me manque. Presque dix ans que je ne les ai pas vus. J’aimerais tant pouvoir revenir en arrière, ne pas l’épouser et faire ma vie avec LUI.
Demain matin, lorsqu’il sera sorti, je ferai venir un coursier. Je vais t’envoyer à LUI en zone 51.
J’ai décidé de dire à celui qui est mon époux tout ce que je pense de lui.
Je sais que je vais très certainement le payer mais je prends le risque.
Pete Shanahan me maltraite, me bat, me viole depuis dix années. Je n’ai pas mangé depuis des jours parce qu’il a fermé tous les placards ainsi que le frigo à clef. Pourquoi me demanderas-tu ? Je n’en sais absolument rien.
Si jamais je meurs, sache simplement que ce sera lui le responsable.
Je pense fortement que c’est la dernière fois que je t’écris.
Merci d’avoir été mon confident pendant toutes ces années.
Adieu.
Samantha Carter.

Sam pleurait toutes les larmes de son corps en tenant le journal fermé contre elle.
Epuisée physiquement, ainsi que par la lecture du cahier, la jeune femme s’allongea dans le lit tout en faisant attention aux plaies de son dos.
Sam ne tarda pas à s’endormir jusqu’au petit matin alors que sa nuit fut tout de même assez agitée.
A son réveil quelques heures plus tard, elle ne fut pas surprise de voir le Jack du futur assis sur un fauteuil, près du lit à l’observer dormir.
- « Bonjour. » souffla la jeune femme en le regardant.
- « Bonjour Sam. » répondit doucement le Jack du futur « Vous avez lu le journal ? »
- « Oui, jusqu’à la dernière page. » fit Sam en lui tendant le cahier « Tenez. »
Le militaire le prit sans un mot alors que cela semblait lui faire mal de l’avoir dans ses mains.
- « Elle vous manque ? » voulut savoir la jeune femme.
- « Terriblement. » souffla Jack « Ces dix dernières années ont été très dures sans elle. »
En douceur, il posa sa main sur la joue de Sam et s’approcha d’elle, voulant lui dire certaines choses à l’abri d’oreilles étrangères.
- « Vous voir vivante me fait terriblement mal au cœur et en même temps me soulage. » murmura le général « Mais ce qui me fait encore plus de bien est que je sais que je vais revoir ma Sam, vivante, en bonne santé et j’espère, heureuse avec moi. »
- « Vous l’aimiez ? »
- « Je l’aime toujours. » sourit le Jack du futur avant de s’éloigner en entendant du bruit.
- « Bonjour tout le monde. » s’exclama joyeusement le chef de la base en entrant dans l’infirmerie.
- « Bonjour mon général. » fit Sam en s’installant convenablement.
- « Salut. » répondit simplement le Jack du futur avant d’enchainer rapidement « Maintenant que Carter est hors de danger, il est temps pour moi de retourner à mon époque. »
- « C’est possible ça ? » s’étonna le Jack actuel.
- « Non, c’est totalement impossible. » l’informa Sam, sûre d’elle.
- « Aujourd’hui non. » sourit le général du futur « Mais dans dix ans, ce sera parfaitement possible. Grâce à ceci. »
Il leur montra alors un objet ressemblant fortement à un gros caillou.
Ne voulant qu’elle cherche à en connaitre le fonctionnement et risquer de modifier le futur, il décida que c’était le bon moment pour les saluer et partir.
- « Au revoir Sam. » sourit le militaire en lui faisant un clin d’œil « Prenez soin de vous. »
- « Je vous le promets. » sourit la jeune femme.
- « Salut. » fit le Jack du futur à son lui présent en lui serrant la main tout en lui glissant à l’oreille « Ne fais pas la même erreur que moi. Ne la laisse pas filer. J’ai passé dix ans à le regretter. Alors penses-y. »
Le chef de la base répondit d’un signe de tête affirmatif, montrant ainsi qu’il avait parfaitement saisi.
Le général du futur actionna alors son petit dispositif, le faisant rentrer enfin chez lui.
Jack et Sam se retrouvèrent seuls tous les deux à l’infirmerie alors que le docteur Brightman arriva à ce moment-là.
- « Bonjour mon général, colonel Carter. » les salua le médecin.
- « Bonjour docteur. » répondirent les deux amis en chœur.
- « Je peux quitter l’infirmerie ? » demanda Sam, en ayant marre d’être là.
- « Oui, vous n’avez pas eu mal cette nuit et vos plaies n’ont pas saigné à nouveau. » sourit le docteur « Je vous laisse vous rhabiller. Ne prenez une douche que ce soir afin de laisser vos plaies encore au sec. »
- « D’accord. » répondit Carter « J’attendrai ce soir. Merci. »
Le docteur les salua puis les laissa à nouveau seuls.
- « Je vous laisse vous habiller tranquille, je vais attendre dans le couloir. »
Le chef de la base sortit de l’infirmerie pendant que Sam se leva du lit,
Elle enfila le treillis que lui avait apporté le docteur Brightman un peu plus tôt.
Une fois prête, la jeune femme quitta l’infirmerie à son tour.
Les deux militaires se retrouvèrent ainsi dans le couloir alors que Sam commença à prendre la direction de son laboratoire.
- « Non, attendez. » la retint Jack « J’aimerais que nous discutions tous les deux. »
- « Heu, d’accord. »
- « Allons dans mes quartiers, nous y serons tranquilles. » fit le militaire en la guidant vers l’ascenseur « Et surtout, personne ne viendra nous y chercher. »
Une fois dans l’appareil, le général appuya sur le bouton du niveau vingt-cinq alors que les portes se refermèrent quelques secondes plus tard.
Pendant que la cabine entamait sa descente, les deux amis restèrent silencieux.
Quelques minutes plus tard, Jack les fit entrer dans ses quartiers tout en incitant Sam à s’asseoir sur le lit.
La jeune femme obéit alors que le militaire la rejoignit assez rapidement.
Les deux amis étaient tout de même gênés de se retrouver ainsi seuls et surtout dans ses quartiers.
- « Je… » firent-ils tous les deux en même temps.
Sam se tut alors, indiquant à son supérieur qu’elle le laissait parler en premier.
- « Je sais qu’après ce qu’il vous est arrivé, vous ne devez plus avoir beaucoup confiance en les hommes mais… »
- « J’ai confiance en vous, Jack. Je sais que vous ne me ferez jamais le moindre mal. »
- « Jamais, Sam ! Jamais. Vous comptez bien trop à mes yeux et je serai capable de tuer pour vous. »
- « C’est ce que j’ai cru comprendre au travers de ce que vous avez fait tout à l’heure… enfin votre futur vous… enfin vous avez compris quoi !
- « J’ai compris oui… Quoi qu’il en soit… Enfin, je ne sais pas trop comment vous dire les choses, Sam… Je suis plus un homme d’action qu’un homme de paroles, vous savez ? »
- « Oh que oui, je le sais. Depuis le temps que je vous connais, je m’en suis rendu compte. »
Jack lui prit alors doucement la main avant de s’approcher de son visage pour lui déposer un timide baiser, auquel la jeune femme répondit.
- « Je te veux dans ma vie, Sam. » souffla le militaire en l’observant avec tendresse « Je ne me vois pas passer dix années sans toi, comme mon moi futur. »
- « Je serai plus qu’heureuse de t’avoir dans ma vie. » répondit la jeune femme en rougissant.
Le tout jeune couple s’embrassa une nouvelle fois avant de se séparer en souriant, heureux d’être enfin ensemble.
- « Et si nous allions diner tous les deux ce soir ? » demanda Jack presque en murmurant.
- « Ce sera avec grand plaisir. » répondit Sam avant de retenir un bâillement avec peine.
- « Super. » s’exclama le militaire, plus que ravi « En attendant, je te propose de rentrer chez toi. Comme ça, tu pourras te reposer et te préparer. »
Enchantée, la jeune femme l’embrassa puis se leva afin de rejoindre la porte de la pièce.
- « Il me tarde d’être à ce soir. » sourit Sam en le regardant avant de quitter les lieux pour rejoindre les vestiaires.
Une fois prête, elle quitta la base dans le but de rentrer chez elle.
Jack la regarda partir en soupirant de bonheur puis sortit de ses quartiers pour aller dans son bureau, alors qu’une montagne de dossiers l’attendait.
Le Jack du futur venait de revenir à son époque.
Sans surprise, il atterrit dans son bureau de général au SGC.
Avec un grand sourire, il quitta la pièce et se mit presque à courir dans les couloirs afin de rejoindre le laboratoire de Sam.
Quelle ne fut pas sa surprise de le trouver vide et surtout très poussiéreux.
Ne comprenant pas du tout, il fit demi-tour et partit en courant vers le vestiaire.
Le Jack du futur se dirigea vers le casier de la jeune femme et le vit portant son nom.
Un détail attira son regard.
Un douloureux détail.
Un fin ruban noir avait été glissé autour de l’étiquette.
Le cœur du chef de la base marqua un temps d’arrêt et Jack se retrouva assis sur un banc.
Il se prit la tête entre les mains, ne comprenant pas ce qu’il se passait.
- « Je l’ai sauvée. » souffla le militaire « J’ai changé le passé. Je l’ai sauvée. »
Jack se redressa et repartit en courant à toute vitesse dans son bureau.
Il alluma son ordinateur et se rendit compte qu’il utilisait le matériel comme s’il avait toujours été à ce poste.
Le militaire entra dans les dossiers de l’état-major et tapa le nom de Sam.
La recherche dura quelques secondes puis le dossier de la jeune femme s’afficha à l’écran.

Dossier du colonel Samantha Carter
Date de naissance : 29 décembre 1968
Date de décès : 29 juin 2008

Jack lut les premières lignes et n’en crut pas ses yeux.
Il ne comprenait pas pourquoi alors qu’il l’avait laissée à l’infirmerie ce jour-là.
- « Foutue distorsion temporelle. » gronda le général alors qu’il savait que les nouveaux souvenirs de dix dernières années mettraient quelques heures à arriver.
Il se repencha sur la lecture du dossier alors qu’il voulait avoir le fin mot de l’histoire.
Les lignes sur les circonstances de son décès le retournèrent complètement.
- « Faut que j’y retourne. » s’exclama-t-il « Je ne peux pas laisser ça arriver. Il m’est impossible de vivre sans elle. »
Il reprit le petit dispositif qu’il avait mis dans sa poche de treillis et l’observa avec attention.
- « Année 2008, me revoilà. » fit Jack en réglant l’appareil et appuyant sur le bouton.
Comme la première fois, le Jack du futur se retrouva dans la salle d’embarquement.
- « Coucou, me revoilà. » s’exclama-t-il en levant les yeux vers la vitre juste au-dessus.
Le chef de la base se trouvant en salle des commandes regarda son lui futur avant de se dépêcher de le rejoindre.
- « Qu’est-ce que tu fais ici ? » demanda le chef de la base, inquiet pour le coup.
- « Où se trouve Sam ? » voulut savoir le général du futur.
- « Chez elle. » répondit Jack « Elle était fatiguée. Comme on doit sortir ce soir, je lui ai dit d’aller se reposer puis de se préparer tranquillement. »
- « Depuis longtemps ? » demanda le militaire du futur.
- « Environ quarante-cinq minutes. » l’informa le général actuel encore plus inquiet « Pourquoi ? »
- « Il n’y a plus une minute à perdre. » répondit le Jack du futur « Nous devons faire le plus vite possible. »
Le militaire du futur partit en courant avec son lui actuel sur les talons.
- « Mais tu vas m’expliquer pourquoi ? » gronda le chef de la base « Et cours pas si vite ! »
- « Quand je suis revenu à mon époque, j’ai découvert que Sam était morte. » expliqua le général du futur courant toujours « Elle est morte le 29 juin. »
- « De quelle année ? » demanda le Jack du présent, étonné d’apprendre une telle nouvelle.
- « D’après toi ? » s’exclama le Jack du futur, accélérant un peu plus sa course.
- « Tu attends quoi pour courir plus vite ! » s’énerva le chef de la base en passant devant son homologue du futur.
Le Jack du futur secoua la tête sous l’attitude de son lui présent puis accéléra sa course, dans le but de le rattraper.
- « Je suppose que c’est ce connard qui l’a tuée ? » finit par demander Jack, même s’il se doutait de la réponse.
- « Tu supposes bien. »
Les deux hommes ne prirent même pas la peine de se changer alors qu’ils se dirigèrent directement vers la surface.
Ils quittèrent la base quelques minutes plus tard, filant à toute allure sur la route et sans tenir compte des limitations de vitesse.
Le trajet fut bien trop long au gout des deux militaires, et ce fut avec soulagement qu’ils se garèrent enfin devant chez Sam.
Le Jack du futur descendit à toute vitesse de la voiture, suivi de près par le général O’Neill.
Le militaire du futur se dirigea sans plus attendre vers le jardin, sans même prendre la peine d’aller frapper à la porte d’entrée de la maison.
- « Hey, pourquoi tu ne vas pas dans la maison ? » fit le Jack du présent, en suivant tout de même son acolyte.
- « Tout simplement parce qu’il l’a enterrée vivante dans son jardin. »
Les deux hommes firent donc rapidement le tour du pavillon, en espérant ne pas arriver trop tard.
Pete se trouvait dans le jardin alors qu’il n’y avait aucune trace de la jeune femme.
Les militaires le virent en train de terminer de reboucher un trou dans le sol, alors qu’il avait un immense sourire satisfait sur les lèvres.
- « Hey, sale connard ! » hurla le Jack du futur « Attends que je t’attrape ! »
Le militaire partit sans attendre à la poursuite de Pete tandis que Jack se précipita vers le tas de terre fraichement retournée.
- « Mon dieu, non. » souffla le Jack du présent en prenant la pelle « Faites qu’il ne soit pas trop tard. »
Il s’activa pour ôter la terre alors qu’il paniquait complètement.
De son côté, le militaire du futur courait derrière le policier.
Ayant la rage au ventre après ce qu’il avait lu dans le journal de Sam, le Jack du futur ne mit pas bien longtemps à attraper Pete.
- « Je vais te faire bouffer ton acte de naissance, enfoiré. » gronda le militaire en frappant déjà « Tu vas payer tout le mal que tu lui as fait. »
Le général du futur mélangeait le Pete qu’il avait en face de lui avec celui qui avait fait souffrir sa Carter.
Mais Jack s’en moquait complétement. Cet homme avait maltraité et tué la seule femme qui comptait plus de tout dans sa vie.
- « Espèce d’enculé. » fit le militaire du futur en frappant encore et encore « Comment as-tu pu la traiter ainsi ? »
- « Elle… ne… vaut… rien… » gémit Pete entre deux coups, alors qu’il n’avait plus la force de se défendre « C’est… juste… une… chose. »
- « C’est une femme qui mérite le respect, de l’amour et de la douceur. » s’énerva le Jack du futur sous ces paroles « Et tu veux en connaitre une bonne ? »
Le militaire du futur laissa Pete lourdement retomber sur le sol alors que celui-ci en eut mal au crane.
- « C’est ta dernière bouffée d’air. » ricana le Jack du futur en sortant un zat de sa ceinture.
- « Vous n’avez… pas… le droit… de faire… ça. » souffla le policier à l’agonie sur le sol.
- « Tu n’avais pas le droit de la maltraiter, de la rabaisser, ni de l’enterrer vivante. » lâcha le militaire, préférant taire le reste « Pourtant, tu l’as fait. Alors, je décide que j’ai tous les droits également ! »
Avec un sourire mauvais, le Jack du futur arma son zat et tira une première décharge, rapidement suivie par une seconde.
En voyant le corps sans vie de cette ordure, une vague de soulagement envahit son cœur.
Le militaire du futur tira une dernière décharge et le corps de Pete disparut à tout jamais.
Le Jack du futur remit son arme à sa ceinture et partit rapidement rejoindre son lui actuel afin de l’aider à sauver Sam.
De son côté, le chef de la base pelletait toujours pour arriver jusqu’au cercueil de la jeune femme.
- « Mais putain, c’est pas vrai. » gronda-t-il « Y a combien de mètres de terre !! »
Enfin, la pelle toucha la planche de bois.
Soulagé d’avoir presque atteint son but, il lâcha son outil et finit de déblayer la terre avec ses mains.
Après avoir complètement enlevé la terre, Jack utilisa sa main pour essayer d’ouvrir le couvercle.
- « Bordel, mais il l’a soudé ou quoi ? On n’a pas idée de mettre au monde un tel connard ! » s’énerva le militaire en tirant dessus « J’arrive Sam. Tiens bon, j’arrive. »
La jeune femme était à la limite de l’inconscience et entendit les paroles de son supérieur.
- « Jack… » souffla Sam, pensant que son imagination lui jouait des tours.
Le général reprit la pelle et passa le métal entre le couvercle et la caisse de bois.
A force de faire levier, Jack réussit enfin à ouvrir le dessus de la boite.
Sans même faire attention, il jeta sa pelle au loin et attrapa le morceau de bois pour l’envoyer hors du trou.
Angoissé, le militaire posa deux doigts à hauteur du cou de Sam dans l’espoir de percevoir un pouls.
- « Merci mon dieu. » souffla Jack de soulagement en sentant une palpitation sous ses doigts.
En douceur, le militaire prit la jeune femme dans ses bras, tout en la sortant du trou.
- « C’est fini. Je suis là. » lâcha Jack, heureux de l’avoir dans ses bras « Jack est parti faire sa fête au connard. Il ne te fera plus jamais de mal. »
Sam était toujours contre lui, alors qu’elle n’avait toujours pas ouvert les yeux et respirait doucement.
- « Si tu savais à quel point je t’aime. » continua le militaire sur sa lancée « J’ai eu si peur de te perdre. C’était atroce. »
- « Je… croyais… que… tu étais… plutôt… un homme… d’action. » sourit la jeune femme alors qu’elle revenait à elle « Parce… que… là,… tu es plus… un… homme… de… paroles. »
- « Je veux bien être tout ce que tu veux. » répondit Jack, heureux de l’entendre « Tu peux faire de moi ce que tu veux, tant que tu es heureuse avec moi. »
- « C’est vrai… Tu m’aimes ? » demanda Sam en le regardant.
- « Oh que oui. Passionnément, à la folie. Depuis des années. » répondit le militaire en lui retirant de la terre de ses cheveux.
- « Je vais avoir besoin d’une sacrée douche avant notre diner de ce soir. » sourit la jeune femme en restant calée contre son homme.
- « Pas de diner ce soir. » répondit Jack « On va d’abord te conduire à l’infirmerie et ensuite, ce sera repos. »
- « Tu ne veux plus sortir avec moi ? » demanda tristement Sam « C’est déjà fini ? »
- « Le manque d’oxygène ne te réussit pas du tout vu les âneries que tu dis. » répondit le militaire en levant les yeux au ciel « Nous ferons notre diner un autre jour. Là, tu vas avoir besoin de repos. Et si tu as le droit de rentrer à la maison, nous ferons pizza/DVD chez moi. »
Alors que la jeune femme allait répondre, le Jack du futur arriva près d’eux.
- « Voilà, le salopard est rayé de la galaxie. » fit-il en souriant, fier de lui « Par contre, je n’avais pas prévu de manquer de me faire décapiter par une pelle et une planche de bois. »
- « Oups. » grimaça le Jack du présent « Désolé. »
- « Je comprends mieux pourquoi tu es arrivé à temps » fit Sam en voyant les deux Jack.
Les deux hommes se regardèrent avant de reporter leurs regards vers la jeune femme, heureux de la voir vivante.
- « Allez, il est temps d’aller à l’infirmerie. » décréta le Jack du futur en prenant Sam dans ses bras.
Le Jack du présent se leva et voulut récupérer sa compagne lorsque son lui futur prit le chemin de la voiture.
- « Hey, c’est ma femme. » râla le chef de la base.
- « Tu auras toutes les années à venir pour en profiter. » répondit le Jack du futur « J’en profite un peu avant de retourner dans mon temps. »
Encore dans les vapes, Sam ne dit rien et se contenta de se laisser porter.
Une fois tout le monde en voiture, le Jack du présent prit la direction de la base, en roulant à vitesse normale cette fois-ci.
Dès que la voiture fut garée, Jack sortit du véhicule rapidement et ouvrit la porte arrière afin de prendre Sam dans ses bras.
Le militaire du futur leva les yeux au ciel de le voir faire mais ne dit rien, se contentant de les suivre.
Le chef de la base passa en courant devant les gardes de l’entrée, ne prenant même pas la peine de signer le registre.
Le Jack du futur sourit de le voir faire et signa le registre à la place du Jack du présent, alors que les hommes ne dirent pas un mot.
Le militaire du futur rejoignit ensuite Sam et son lui actuel à l’infirmerie.
Pendant ce temps, le chef de la base courait avec la jeune femme dans ses bras, alors qu’ils venaient de sortir de l’ascenseur.
- « Docteur, vite, j’ai besoin de vous. » cria le général en entrant dans la pièce.
- « Que s’est-il passé ? » demanda Brightman en arrivant près d’eux et regardant Sam « Colonel ? »
- « Pete Shanahan a essayé de la tuer en l’enterrant vivante dans son jardin. » expliqua le Jack du présent en la déposant sur un lit « Nous sommes arrivés juste à temps, mais Sam est restée un moment dans la caisse. »
- « Elle était consciente quand vous l’avez sortie ? » demanda le médecin en commençant déjà à ausculter la jeune femme.
- « A demi. » répondit le militaire « Elle avait un pouls régulier, mais elle a eu du mal à reprendre connaissance. »
- « Très bien. » fit le docteur avant de regarder Sam mais surtout toutes ses marques « Pouvez-vous nous dire ce qu’il vous est arrivé ? »
Les deux Jack prirent place de chaque côté du lit et attendirent que la jeune femme commence son récit.
Même si Pete était maintenant désintégré, ils voulaient tout de même comprendre comment elle était arrivée à l’intérieur de cette caisse et dans son jardin.
- « Quand je suis rentrée chez moi… » commença difficilement Sam, les larmes aux yeux « Il m’attendait dans le salon. Quand je m’en suis rendu compte, il était trop tard. Il m’avait déjà attrapée par le cou. »
La jeune femme souffla alors que les deux Jack lui prirent chacun une main dans le but de la soutenir.
Le docteur Brightman regarda alors le cou de Sam et vit de gros hématomes ainsi que quelques plaies.
Elle alla donc chercher son chariot de soin et revint rapidement vers eux.
- « Continuez, Sam. » sourit le médecin « Parler vous fera du bien. »
- « Il a essayé de m’étrangler mais je me suis défendue. » continua la jeune femme, les larmes coulant le long de ses joues « Ca ne lui a plu du tout d’ailleurs. Alors il s’est mis à me frapper. »
- « Vu les nombreuses marques que vous arborez, il n’y a pas été dans la douceur. » fit Brightman en désinfectant chacune des plaies.
- « En même temps, on fait rarement doucement en frappant quelqu’un docteur ! » gronda le Jack du présent, mécontent par le récit de sa compagne.
- « Je suis désolée, monsieur, je… » s’excusa le médecin et posant ses compresses, avant d’être interrompue.
- « Jack, elle n’a rien dit de mal. » souffla Sam en le regardant « Ne la réprimande pas s’il te plait. »
- « Cesse de râler, Jack » fit le Jack du futur en regardant son homologue « Brightman est un bon médecin et tu le sais. Laisse-la faire son travail et les remarques qu’elle juge nécessaire. »
- « D’accord. » soupira le chef de la base avant de se tourner vers le docteur « Continuez vos soins. »
- « Merci, monsieur. » répondit Brightman, contente, avant de se tourner vers Sam « Et ensuite, que s’est-il passé ? »
- « Il m’a dit que je n’étais rien du tout, que je n’étais sur terre que pour satisfaire les hommes et rien d’autre. » fit la jeune femme avant d’éclater en sanglots.
- « Est-ce qu’il vous… » voulut savoir le médecin en posant une main amicale sur l’épaule de Sam.
- « Non. » souffla la militaire « Il était beaucoup trop en colère pour ça. La seule chose qu’il souhaitait, était de me tuer et rien d’autre. »
- « Quel salopard de merde. » gronda le Jack du présent.
- « Je lui ai fait sa fête, rassure-toi. » sourit le Jack du futur « Dix longues années que j’en rêvais. »
- « Et ensuite, Sam ? » demanda Brightman, afin de calmer les deux hommes.
- « Ensuite, j’ai pris un dernier coup sur la tête. J’ai dû perdre connaissance car j’ai ouvert les yeux dans la caisse. » souffla la jeune femme « Elle était déjà fermée. Il a ri en me disant que j’allais avoir le temps de me voir mourir. Puis il a rebouché le trou et de la terre est un peu passée entre les lames. »
- « Vous avez mal à la tête ? » demanda le médecin en regardant déjà le cuir chevelu à la recherche d’une plaie.
- « Seulement là où vous avez vos doigts. » répondit Sam avec honnêteté.
- « Vous avez une sacrée bosse mais rien de plus. » fit le docteur en ôtant ses gants « Je vais quand même vous faire passer un scanner pour vérifier que tout va bien. »
- « Je pourrais quitter l’infirmerie après ? » demanda la jeune femme, pleine d’espoir.
- « J’aimerais que vous ne restiez pas seule. » déclara Brightman en rédigeant le bon pour le scanner.
- « Elle viendra chez moi. » fit Jack « Elle restera au calme et se reposera. »
- « Dans ce cas, vous pourrez quitter mon infirmerie mais seulement si le scanner est bon. » sourit le médecin avant de se tourner vers une infirmière « Anna, accompagnez le colonel Carter au scanner. N’oubliez de ramener les clichés ensuite ainsi que le colonel. »
L’infirmière hocha la tête dans un signe d’acceptation et alla poser ce qu’elle avait en main.
Les deux Jack ainsi que Sam regardaient Brightman avec surprise.
- « Elle est compétente mais assez tête en l’air. » expliqua le docteur « Je suis obligée de tout lui dire sinon, elle ne fait que la moitié des choses. »
Anna revint quelques instants plus tard auprès d’eux alors que Sam se leva pour la rejoindre.
Une fois les deux femmes hors de l’infirmerie, Brightman laissa les hommes entre eux pour rejoindre son bureau, afin de mettre à jour le dossier de Sam.
- « C’était vraiment un sale connard. » gronda le Jack du présent « Je ne comprends pas comment il a pu traiter Sam ainsi. »
- « Il a bien caché son jeu au départ. Avec les gars, nous nous sommes rendu compte de rien. » fit le militaire du futur, pensif « Elle était heureuse avec lui. Enfin, c’est ce que je croyais. »
- « Le journal commençait avec la soirée d’hier. » réfléchit Jack « Tu penses qu’il a commencé à la maltraiter avant cette soirée ? »
- « Je n’en sais rien du tout. » répondit le Jack du futur « Elle n’en a jamais rien dit. »
- « Il ne m’avait jamais frappée avant hier soir. » répondit Sam en revenant près d’eux alors que l’infirmière apportait les clichés au médecin.
- « Vraiment ? » demanda le Jack du futur, voulant être certain.
- « Vraiment. » répondit la jeune femme en le regardant dans les yeux.
Les deux amis se regardèrent un long moment alors que le Jack du présent sentit soudain monter la jalousie en lui.
- « Hum… » fit-il en se raclant la gorge « Je vous rappelle que je suis toujours là. »
- « Ne sois pas jaloux. » rit le Jack du futur sans pour autant quitter Sam du regard « Tu sais bien ce qu’elle ressent pour toi. »
La jeune femme se contenta de sourire tout en prenant la main de son général de compagnon.
Avec douceur, elle entrecroisa leurs doigts alors que c’eut le don de le calmer.
- « Maintenant que je suis sûr que Sam est hors de danger, il est temps pour moi pour retourner à mon époque. » fit le Jack du futur en se levant.
Il serra la main de son lui actuel puis se tourna vers la jeune femme.
Le militaire du futur s’assit à côté d’elle sur le lit puis lui caressa la joue avec tendresse.
- « A dans dix ans. » souffla le Jack du futur avant de la serrer dans ses bras « J’espère que tu seras heureuse quand je te verrai. »
- « Je sens que je le serai. » sourit Sam en répondant à son étreinte.
Le militaire lui déposa un tender baiser sur le front puis se releva.
Après un dernier regard vers le nouveau couple, le Jack du futur activa son dispositif afin de retourner à son époque.
Le docteur Brightman arriva à ce moment-là et ne fut pas surprise de voir le deuxième Jack disparaitre.
- « Bien, j’ai les clichés du scanner. » sourit-elle « Et tout va bien de ce côté-là. Mais je vous recommande tout de même du repos, colonel. »
- « Elle se reposera. » répondit Jack en aidant Sam à se lever du lit.
La jeune femme prit les vêtements que lui tendit le médecin puis s’isola pour les mettre.
Une fois prête, Sam rejoignit Jack avant qu’ils ne quittent les lieux.
En silence, ils se dirigèrent vers la surface alors que le militaire avait gardé ses clés dans sa poche.
Sachant que sa voiture se trouvait devant sa maison, Sam suivit son compagnon jusque son véhicule.
Dès qu’il fut déverrouillé, Jack s’installa derrière le volant tandis que la jeune femme prit place sur le fauteuil passager.
- « On va passer une bonne soirée, juste toi et moi. » sourit le militaire en déposant tendrement une main sur la cuisse de sa compagne.
- « Tu es sûr que tu veux de moi ? » demanda tristement Sam sans oser le regarder.
- « Cesse de poser des questions stupides ! » gronda Jack en lui prenant le menton « Je t’aime et je te veux dans ma vie. Ce n’est pas prêt de changer sauf si tu ne veux pas de moi. »
- « Oh si, je veux de toi. » fit la jeune femme en levant les yeux vers lui.
- « Alors ne doute plus jamais. » s’adoucit le militaire avant de l’embrasser avec tendresse.
Jack fit une tendre caresse sur la joue de Sam avant de se remettre face à son volant.
- « Allez, une petite soirée détente en amoureux nous attend. » sourit le militaire en mettant le moteur en route.
Quelques minutes plus tard, le couple se gara devant la maison de Jack.
Sam descendit de la voiture et attendit que le militaire la rejoigne.
Ensemble, ils entrèrent dans la maison, alors que Jack l’entraina dans sa chambre.
Une fois dans la pièce, il ouvrit son armoire alors que la jeune femme le regarda sans vraiment comprendre ce qu’il faisait.
- « Tiens, te voilà un tee-shirt et un short. Ils ne devraient pas être trop grands pour toi. » fit le militaire avant de la regarder « Prends une bonne douche pour te détendre. Pendant ce temps, je commande les pizzas. »
- « D’accord » répondit Sam en souriant « Et ça sera parfait, ne t’inquiète pas. »
La jeune femme quitta la pièce avec les vêtements en main pour se rendre dans la salle de bain.
En douceur, elle prit une douche tout en faisant attention à ne pas trop mouiller les pansements dans son dos.
Une fois sèche, elle enfila le tee-shirt et le short puis se regarda dans le miroir.
La jeune femme arborait de nombreux bleus sur le visage et ne put s’empêcher de passer ses doigts dessus.
- « Ils vont vite disparaitre. » fit Jack de l’encadrement de la porte « Dans quelques jours, ça ne sera plus que de mauvais souvenirs. »
- « Tu as commandé la pizza ? » demanda Sam, voulant changer de sujet au plus vite.
- « Oui, elle va arriver dans dix minutes environ. » sourit le militaire en tendant une main à sa compagne « Allez viens. Le canapé du salon nous attend. »
La jeune femme prit la main tendue et se laissa entrainer dans le salon, alors que quelques bougies étaient disséminées un peu partout.
Les bougies diffusaient une légère odeur de fruits et donnaient un air romantique à la pièce.
- « Ça te plait ? » demanda Jack, soudain inquiet.
- « Très. » sourit Sam en se tournant vers lui et l’embrassant « Merci. »
Les deux amoureux s’installèrent confortablement alors que le militaire passa un bras autour des épaules de la jeune femme.
- « On est pas bien, là tous les deux ? » souffla Jack, heureux.
- « C’est même encore mieux que le restaurant. » répondit Sam presqu’en murmurant.
Alors que le militaire allait répondre, la sonnette de la porte retentit.
- « Et voilà la pizza. » s’exclama Jack en se levant rapidement.
La jeune femme le regarda partir en riant, avant de se caler un peu mieux dans le canapé.
Le militaire revint quelques secondes plus tard et déposa leur repas sur la table devant eux.
Il prit un verre de coca light en le donnant à sa compagne puis attrapa sa bière.
- « A nous. » fit Jack en levant son verre.
- « A nous. » répéta Sam en trinquant à son tour.
Les deux amoureux mangèrent tranquillement la pizza alors que la jeune femme ne voulait pas s’éloigner de son petit-ami.
Jack la laissait faire, adorant cette promiscuité avec elle.
Une fois le repas terminé, le militaire mit un DVD et ils regardèrent le film, toujours blottis l’un contre l’autre.
Vers la moitié du film, Jack sentit un poids contre son épaule et se rendit compte que Sam venait de s’endormir.
Sans faire de bruit, il attrapa les télécommandes près de lui dans le but d’éteindre le lecteur DVD, ainsi que la télévision.
- « Ma chérie ? » murmura Jack afin de la réveiller.
- « Hummm… » gémit la jeune femme en ouvrant doucement les yeux « Qu’est-ce qui se passe ? »
- « Tu t’es endormie devant le film. » sourit le militaire en lui caressant la joue « Allons-nous coucher. Tu seras bien mieux au lit. »
Sam acquiesça d’un signe de tête puis se leva du canapé afin de suivre Jack.
Le militaire entra dans la chambre puis alla de son coté du lit.
Il ôta ses vêtements pour ne rester qu’en caleçon puis ouvrit les draps pour se coucher.
- « Allez, viens te coucher que tu as besoin de dormir. » sourit Jack en levant les draps du côté de sa compagne.
Hésitante, Sam alla tout de même s’allonger et le militaire rabattit les draps sur elle.
En douceur et ne voulant pas lui faire mal à son dos, Jack la cala contre lui tout en remontant bien les draps sur eux.
- « Bonne nuit ma douce. » souffla le militaire en éteignant la lumière.
- « Bonne nuit Jack. » répondit Sam alors qu’elle s’endormait déjà.
Jack resta encore quelques minutes éveillé, et resserra sa prise sur la jeune femme.
- « Je te promets de tout faire pour te rendre heureuse. » murmura le militaire pour lui-même avant de se laisser aller au sommeil.
Après avoir activé son petit dispositif, Jack réapparut dans son bureau du SGC.
Il était heureux d’être enfin de retour à son époque et espérait que Sam allait bien désormais.
Le militaire quitta la pièce en courant et se précipita vers les laboratoires.
Arrivé près de son but, son cœur fit un bond dans sa poitrine lorsqu’il vit de la lumière dans le laboratoire de Sam.
Jack accéléra sa course pour entrer au plus vite dans la pièce.
- « Carter ? » s’exclama le général une fois dans le laboratoire.
- « Jack ? » fit Sam étonnée, alors qu’elle rangeait ses affaires « Tu te sens bien ? »
- « Heu, oui. Pourquoi cette question ? » demanda Jack alors qu’il ne savait pas comment lui parler.
- « Peut-être parce que ça fait dix ans que tu ne m’as pas appelée Carter. » sourit la jeune femme en s’approchant doucement de lui, puis passant ses bras autour de sa taille « Les voyages dans le passé ne te réussissent pas beaucoup. »
- « Dix ans ? Ça veut dire que… » fit le militaire en réfléchissant « J’ai réussi ? »
- « Oh que oui, mon chéri. » rit Sam avant de l’embrasser « Et maintenant que tu es là, si tu venais chercher les enfants avec moi ? »
- « Chercher les enfants ? Où ça ? » demanda Jack, complètement perdu.
- « Ben à l’école voyons. » répondit la jeune femme en levant les yeux au ciel « Vivement que la distorsion temporelle se soit résorbée. »
Sam prit la main du militaire dans la sienne et le tira derrière elle en direction des vestiaires.
- « Va te changer pendant que je fais pareil de mon côté. » ordonna gentiment la jeune femme en allant déjà se changer.
Jack ne réfléchit pas plus et entra dans les vestiaires des hommes où il passa ses vêtements civils.
Une fois prêt, il ressortit et attendit dans le couloir que Sam vienne le rejoindre.
La jeune femme arriva quelques minutes plus tard alors qu’elle avait toujours le sourire aux lèvres.
- « Tu sembles heureuse. » osa dire Jack en la suivant dans les couloirs.
- « Bien sûr que je le suis. » répondit Sam en lui prenant la main « Depuis dix belles années. »
- « Chouette. »
- « Nous allons être en retard à l’école si on ne va pas plus vite. » rit la jeune femme en accélérant le pas.
Une fois au niveau du parking, le couple monta dans sa voiture et prit la direction de l’école de leurs enfants.
Quelques minutes plus, ils se garèrent devant l’établissement et descendirent du véhicule.
Le temps qu’ils s’approchent des grilles, la sonnerie retentit alors que les portes des classes s’ouvrirent.
Jack passa un bras autour de la taille de sa femme et lui déposa un tendre baiser sur la tempe.
- « J’adore quand tu fais ça. » fit Sam en se blottissant un peu plus contre lui.
Le militaire n’eut pas le temps de répondre qu’il entendit des petites voix l’appeler, avant de recevoir deux boulets dans les jambes.
- « Papaaa ! » s’exclamèrent simultanément les enfants.
- « Bonjour mes chéris. » fit Jack, tout naturellement en les prenant dans ses bras « Vous avez passé une bonne journée ? »
- « Oh oui. » répondit Eléanore, la plus âgée des deux enfants avant d’aller dans les bras de Sam « Maman. »
- « Allez, rentrons à la maison maintenant. » sourit Jack, la distorsion temporelle commençant à s’effacer.
La petite famille monta en voiture tandis que le militaire s’installa derrière le volant.
Une fois tout le monde bien attaché, il mit le moteur en route pour prendre la direction de sa maison.
Quelques minutes plus tard, Jack se gara dans l’allée du garage et tout le monde rentra à l’intérieur de la demeure.
Sam alla préparer le gouter des enfants ainsi qu’une petite collation pour elle et son époux.
Pendant ce temps, Jack aidait les petits à ôter leurs vestes puis les laissa aller s’installer sur le canapé.
Lorsque Sam revint dans le salon, elle donna le gouter à Eléanore et Noah puis s’installa à son tour près d’eux.
Le militaire les rejoignit quelques minutes plus tard et s’assit à côté de son épouse.
Il saisit la télécommande puis alluma la télévision pour mettre les Simpson.
- « J’adore cette vie. » souffla Jack en serrant un peu plus Sam contre lui.
- « Moi aussi, mon chéri. » répondit la jeune femme en l’embrassant « Moi aussi. »
En effet, Sam n’avait pas oublié ce qu’il s’était passé dix ans plus tôt ni ce qu’elle avait lu dans le journal.
Même si Jack avait enfreint les règles de ne jamais intervenir dans le passé, elle ne pouvait pas lui en vouloir de l’avoir tout de même fait.
Après tout, il lui avait évité de vivre un calvaire.
Mais surtout, elle savait que si c’est lui qui avait été dans le besoin, elle aurait fait exactement la même chose.
Et ils étaient tellement heureux ensemble.
- « Jack ? »
- « Oui, ma puce ? »
- « Qu’est-ce que tu dirais d’agrandir notre famille ? » demanda la jeune femme en le regardant tendrement.
- « Avec grand plaisir. » sourit Jack avant d’ajouter « On s’occupera de ce point ce soir. »
Il ne regrettait pas d’avoir changé le passé.
Non seulement il avait sauvé Sam mais en plus, il l’avait enfin dans sa vie.
Et son bonheur n’avait pas de prix…

FIN

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