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Je te perdrai

Gynnie, dimanche 19 mars 2017

Quelques heures plus tard, alors que la jeune femme était toujours installée sur son perron, la voiture de son voisin s’arrêtât aux abords du trottoir, de l’autre côté de la rue. L’homme descendit de son véhicule sans même l’apercevoir, il se dirigea vers la porte de sa maison, l’ouvrit et y entra. Plusieurs voitures et véhicules en tout genre défilaient devant ses yeux. Samantha se dit qu’il était probablement 17h, voir 17h30 et que ses voisins rentraient chez eux après avoir terminé leur journée de boulot. Elle n’avait pas réellement eu le temps de voir l’heure passer. Elle ne pleurait plus depuis un petit moment maintenant. Cependant, elle avait gardé la même position que depuis qu’elle s’était effondrée. La tête entre les mains, ses coudes sur ses genoux, eux même repliés contre son corps avachi contre sa porte d’entrée. Elle aurait certainement des courbatures vue le nombre d’heures qu’elle était restée assise ici. Les yeux dans le vague, elle n’entendait pas les différents bruits autour d’elle, elle ne voyait pas les gens qui discutaient entre eux, la regardant d’un air désolé. Elle savait bien que depuis quelques temps, elle était considérée comme la dépressive du quartier. Ses voisins la voyaient comme la vieille fille, celle qui n’avait pas d’amis, qui n’était jamais chez elle ou alors lorsqu’elle y était, celle qui ne sortait pas... C’était un paradoxe lorsque l’on voyait comment la considérait ses amis, ses vrais amis, à qui elle racontait sa vie, ceux qui en savaient le plus sur elle. Une voiture s’arrêtât devant chez elle cette fois ci. Un homme en descendit, cette voiture était déjà passée par là tout à l’heure... Pourquoi était-elle de retour, pourquoi venait-on l’embêter ?
- Sam ?
La jeune femme ne répondit pas et leva la tête vers l’inconnu, pourtant bien connu.
- Sam ? Qu’est-ce qui se passe ?! Tu vas bien ?!
- Est-ce que ça à l’air de bien aller ?! S’écria la jeune femme.
- Woh !! Je ne suis pas là pour t’agresser ou quoi que ce soit, mais je ne vais pas te laisser là dehors dans cet état.
- Qu’est-ce que tu fais là Jo ? Demanda la jeune femme, ne bougeant pas d’un poil.
- Je rentrais chez moi lorsque je t’ai vu dans cette position, tu comprendras que toute personne te voyant dans cet état s’inquiétera ?
Sam ne répondit pas. Se contentant de continuer à fixer l’horizon.
- Cela à-t-il un rapport avec ce Jack O’Neill ?
La jeune femme se mordit la lèvre, ne souhaitant pas revenir dans ses pensées moroses. Elle ne voulait pas se remettre à pleurer, ne voulait pas replonger dans cette dépression affreuse qu’elle avait enfin réussi à surmonter... Et pourtant, elle ne cessait de se rappeler cette douleur intense que de voir ce couple maudit s’embrasser.
- Sam...
- Je ne veux pas en parler. Coupa Sam.
Le jeune homme prit les clefs de la main de la militaire et s’engagea à ouvrir sa porte d’entrée.
- Qu’est-ce que tu fais ?! Grogna la jeune femme.
Jo ne répondit pas et s’attela à prendre les deux mains de Sam et la tira vers lui pour la mettre sur ses pieds. Un gémissement de douleurs se fit entendre, ce qui lui parut tout à fait normal vu l’état dans lequel elle se trouvait. Il se doutait qu’elle avait dû rester ici un certain moment. Il prit la jeune femme et l’aida à aller s’asseoir sur les chaises extérieures, profitant du beau temps pour l’installer sur la terrasse. Il retourna fermer la porte d’entrée, prit une veste en laine appartenant très certainement à la jeune femme, se permit de prendre deux bouteilles de bières dans le frigo et retourna dehors afin de s’installer. Il posa les bouteilles sur la table, les décapsulant une à une, et posa le gilet sur les épaules de Sam. Celle-ci le remercia d’un regard alors qu’elle porta sa bouteille de bière à sa bouche.
- Qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui ? Commença Jo pour faire la discussion.
- Pas grand chose...
- Mais encore ?
- Jo...
- Sam, le fait que tu ne veuilles pas en parler montre que cela te fait souffrir. Je te jure que si c’est à cause de ce que je t’ai dis la dernière fois... Sam... Je ne veux pas me sentir coupable de t’avoir pousser à faire quelque chose qui se serait mal finit. Expliqua Jo. Je n’aime pas te savoir triste.
- Tu n’as pas à te sentir coupable.
- Donc... Cela n’a aucun rapport avec Jack ?
- Si. Grogna Sam, mécontente.
- Tu veux bien me raconter ? Demanda Jo.
Sam soupira. Elle ne savait pas si elle était prête à dévoiler ce qu’elle avait vu tout à l’heure. Cela la ferait probablement passer pour une femme faible... Elle avait pris la fuite, elle avait cru à des mensonges, elle s’était laissée berner... Le tout réuni formait une sorte d’enveloppe, ne laissant pas vraiment la place à la force et au courage.
- Il est avec quelqu’un d’autre.
- Ah bon ? Pourtant...
- Je sais que cette femme vit chez lui depuis le week-end dernier. Mais je ne pensais pas qu’ils étaient ensemble... Souffla Sam.
- Tu pensais qu’elle était chez lui juste pour faire joli ? Désolé... Ce n’est pas ce que je voulais dire...
- Non, tu as raison... J’ai été stupide de penser qu’il m’aimait toujours et qu’il avait de bonnes raisons pour avoir agi ainsi.
- Ce que je ne comprends pas... C’est ce regard qu’il avait pour toi Dimanche...
- Il est fort à ce jeu là, c’est tout. Il n’y a rien d’autre à dire. Termina Sam.
- Je suis vraiment désolé. Je pensais que les sentiments que j’avais réussi à lire en lui étaient... Vrais... Authentiques... ?
- Comme je te l’ai dit, il est fort à ce jeu. L’armée nous apprend à cacher nos sentiments et nos émotions. Lui, et bien, c’est le roi pour cela. Répondit Sam d’une voix amère.
- Mais tu es sûre...
- Je sais ce que j’ai vu Jo !
- Ok, très bien.
Un homme apparut dans le champs de vision du pompier, il ne dit rien tandis que ce dernier mettait un doigt sur sa bouche, lui faisant signe de se taire. Le jeune homme fronça les sourcils, ne révélant pas que l’homme était présent dans le jardin de son amie. Jo pensait l’avoir reconnu comme étant Jack. Ce dernier s’était d’ailleurs avancé et avait entendu Sam parler avec Jo. Il n’avait donc pas voulu les interrompre, préférant comprendre pourquoi il n’avait pas vu la jeune femme au parc, comme stipulé sur le texto. Comprenant enfin qu’un gros quiproquo s’était immiscé dans leur relation, il s’approcha d’elle et prit place sur une troisième chaise autour de la table, alors que Sam sursauta de le voir s’installer alors qu’elle ne l’avait pas vu, ni même entendu. Énervée au plus au point, la jeune femme se redressa rapidement, croisant ses bras contre sa poitrine.
- Qu’est-ce que vous faites ici ?! Cria-t-elle.
- Je ne vous ai pas trouvé au parc, alors j’ai pensé que... Enfin... Commença Jack.
- Vous n’avez rien à faire ici ! Lorsque l’on pénètre chez les gens sans même avoir leur autorisation, c’est ce que l’on appelle une violation de domicile.
- Sam calmes toi ! Tout de suite les grands mots ! S’impliqua Jo.
- Toi tais toi ! Menaça-t-elle en se tournant vers le jeune homme.
Ce dernier leva les mains en l’air et se dit qu’il serait peut-être préférable de les laisser seuls. Quitte à venir s’assurer ensuite, plus tard dans la soirée, que Sam irait bien.
- Je vais rejoindre Mélanie, si tu as un problème, appelles moi. Dit Jo sans obtenir aucune réponse.
Le jeune homme sortit par le jardin, laissant le couple, ou tout du moins, ce qu’il en restait, se toiser du regard sur la terrasse.
- Sam, ce n’est pas ce que tu crois.
- Je ne veux rien savoir ! J’en ai assez tu entends ! Assez de passer pour une conne quand toi tu te pavanes avec tes donzelles aux bras ! J’en ai assez de me sentir mal pour quelqu’un comme toi qui préfère jouer à la poupée avec les filles ! Ça ne marchera pas avec moi tu entends ?!
- J’ai demandé à Kerry de partir.
- C’est pour ça qu’elle t’a embrassé ?! A qui tu veux faire croire ça Jack ?! Non mais sérieusement ! Si tu n’es pas capable de faire un choix, moi je le fais pour toi ! C’est finit. Y a jamais rien eu de plus de toute façon ?!
- Mon choix est fait. Je te dis que tu n’entendras plus parler de Kerry. Nous déjeunions au parc pour discuter de son départ ! S’énerva Jack, en colère que Sam puisse penser des choses pareilles.
- Je suis désolée Jack. Mais c’est fini. Il est hors de question que je t’accorde une fois de plus ma confiance. Tu as joué avec sans même avoir un morceau de remord...
- Sam, j’ai été moi aussi surpris que Kerry m’embrasse. Je pensais qu’elle allait partir.
- Tu avais pourtant l’air d’apprécier !
- Mais enfin ça suffit ce petit numéro de jalousie Sam !! Tu ne vois pas que je fais tout ce que je peux pour te prouver que je t’aime ?! Que je veux que l’on rattrape le temps perdu ?! J’essaye de me faire pardonner depuis une bonne semaine maintenant... Mais je ne sais plus quoi faire... Je suis désolé que tu es dû assister à ça. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle m’embrasse ! Et puis tu n’étais pas supposée être là ! Je t’avais dit 14h justement pour éviter que tu te fasses des idées. Je t’avais dit 14h pour pouvoir t’annoncer moi même que Kerry déménageait ! C’est un concours de circonstances !
- Je ne veux plus te faire confiance Jack. Je ne te crois pas. Je suis désolée. Rentre chez toi, rentre à Washington. Va prendre soin de Cassie, et ne remets plus jamais les pieds chez moi. S’il te plaît.
- Sam, je t’en prie, laisse moi une chance, laisse moi te prouver combien je tiens à toi ! Supplia Jack en lui prenant les mains.
Sam secoua la tête de droite à gauche, les yeux brillants de larmes, tandis qu’elle retirait ses mains de celles de Jack, et les croisait de nouveau contre sa poitrine. La nuit était maintenant entrain de tomber sur Colorado Springs et la fraîcheur se faisait ressentir.
- Sam... S’il te plaît... Ne mets pas un terme à notre relation... Souffla encore le militaire.
- Qui de nous deux a mis un terme à ceci le premier Jack ? Qui ?! Cria-t-elle encore. Comment veux tu que je te fasses confiance à nouveau ?! Cela fait deux fois que tu me fais le coup.
- Je te promets que c’est fini Sam maintenant. Tu n’auras plus à t’en inquiéter car c’est toi que j’aime et personne d’autre.
- Moi aussi je t’aimais. Mais aujourd’hui je n’en ai plus le droit.
- Pourquoi ?! S’exclama Jack.
- Parce qu’à chaque fois que je m’autorise à t’aimer, tu me prouves que je fais une erreur en te donnant ma confiance. Donc je ne ferais plus cette erreur, j’ai compris la leçon. Maintenant sors de chez moi. S’il te plaît, Jack. Sors de chez moi.
La jeune femme rentra dans sa maison avec les deux bières laissées sur la table de la terrasse. Elle ferma la fenêtre donnant sur le jardin et tira le rideau, laissant Jack dehors. Il n’avait donc pas le choix que de rentrer chez lui. Il tourna les talons et se retrouva sur la rue, adossé contre sa voiture, à épier les fenêtres de sa maison, à espérer voir une Sam avec des regrets ouvrant une fenêtre pour le rappeler.

Une heure plus tard, alors qu’il était toujours là, il eut la surprise de voir la porte d’entrée de la maison de Sam s’ouvrir sur elle. Elle tenait une petite boite à chaussure et se dirigeait vers lui en le fusillant du regard.
- Tiens, ce sont les deux trois présents que tu as pu m’offrir et dont je ne veux plus avoir à faire. Bonne nuit Jack.
- Sam attends... Dit-il en prenant la boite et la posant sur le toit de son pick-up. Sam !
Mais elle était déjà rentrée dans sa maison et cette fois, il était à peu près sûr qu’elle ne franchirait pas cette porte une deuxième fois. Il ouvrit la portière de sa voiture pour y mettre la boite à chaussure sur le siège passager, et contourna le pick up afin de s’asseoir à sa place. Lorsqu’il eut refermé la portière, il donna un grand coup de main sur son volant tout en se prenant la tête entre les mains. Il souffla un moment, puis il tourna la tête vers la petite boite. Une lettre y était posée, ressemblant traits pour traits à l’écriture de Sam. Il se pencha et alluma la lumière de sa voiture afin de voir ce qui y était inscrit. Une chanson. Il aurait dû s’en douter.

Je te perdrai

Quelle que soit la manière
Dont mes mains te raccrochent
Même si notre univers
Nous garde toujours proches
Je te perdrai

Quelle que soit la lumière
Que j’ai mise à tes pieds
Mes rêves et mes prières
Au fond de moi je sais
Je te perdrai

Je te perdrai
Dans l’un de mes regards
Ici ou quelque part
Mais pas sans le savoir

Je te perdrai
Dans l’un de mes regards
Je te perdrai
Dans l’eau de ma douleur
En bâillonnant mon cœur
Je te perdrai

Tu partiras un jour
Pour un autre visage
Et malgré cet amour
Tu tourneras la page
Sans un regret

Tu ne me verras pas
Comme un vieil idéal
Un jour tu partiras
Au fond de moi j’ai mal
Je te perdrai

Je te perdrai
Dans l’un de mes regards
Ici ou quelque part
Mais pas sans le savoir

Je te perdrai
Dans l’un de mes regards
Je te perdrai
Dans l’eau de ma douleur
En bâillonnant mon cœur
Je te perdrai

Je te perdrai
Dans l’un de mes regards
Ici ou quelque part
Mais pas sans le savoir

Je te perdrai
Dans l’eau de ma douleur
En bâillonnant mon cœur
Je te perdrai... Je te perdrai

Le militaire sortit une nouvelle fois de sa voiture et parcouru ce qui le séparait de la porte d’entrée à grandes enjambées. Il toqua contre la porte, attendant qu’elle s’ouvre, puis perdant patience, il tambourina du plus fort qu’il put. Si elle n’ouvrait pas avec tout ce boucan, il ne savait plus quoi faire...
- Va-t-en Jack ! Cria la jeune femme de l’intérieur.
- Sam je t’en prie ! Tu dois me laisser une chance !! Tu ne me perdras pas, je te le promets ! Tu ne me perdras plus. Cria-t-il à son tour.
Il était sûr de se donner en spectacle, et pourtant, il s’en foutait, lui qui d’habitude essayait d’être le plus discret possible ! De toute façon, le but était que Sam veuille bien lui laisser une chance alors, même s’il devait se faire remarquer pour ça, il ferait tout ce qu’il faudrait pour reconquérir le cœur de la jeune femme.
- Sam, je t’en prie ouvre !!! Lança-t-il en colère.
Il attendit quelques minutes supplémentaires, sachant que c’était peine perdue. Elle n’écouterait rien ce soir, c’était trop chaud encore dans sa mémoire. Il appuya son front contre la porte en bois tandis qu’il fermait les yeux. Ce que cette femme pouvait être têtue ! Ce n’était qu’un affreux malentendu ! Pas de quoi en faire tout un drame ! Il émit un soupir et avec un dernier regard vers la porte, il s’éloigna et grimpa dans son véhicule. Il démarra lentement et se dit que demain, il reviendrait, et tous les jours de la semaine aussi si cela était nécessaire.

Peu importe qu’il réveille les voisins, que la police se rende sur place, ou qu’il s’égosille jusqu’à la tombée de la nuit, elle n’ouvrirait pas la porte. Il fallait qu’il comprenne que c’était terminé et que l’on ne pouvait pas jouer avec les sentiments de la sorte. Ne pouvant pas rester dans la maison sans rien faire, ni même supporter plus longtemps ses plaintes rébarbatives, Sam décida de partir. Il fallait qu’elle parte. Après tout, elle était en vacances et rien ne l’empêchait de prendre quelques jours ailleurs que sur Colorado Springs. Une plage, oui, une plage de sable blanc. Voilà ce qu’il lui fallait, avec des vagues assez hautes pour qu’elles viennent s’écraser à ses pieds. Et un courant d’air marin qui lui permette de ne pas trop s’habiller tout en atténuant un peu la chaleur susceptible d’être présente en bord de côtes. St Barthélémy, dans les Antilles, serait parfait. Un sac, un maillot, quelques paréos, des tee-shirts, deux ou trois pantalons en toiles, deux shorts, des chaussures ouvertes, une paire de lunettes de soleil, une ou deux serviettes de plages, quelques robes et le tour était joué, sa valise était pleine. De la crème solaire, un livre, ses papiers, et elle pouvait s’envoler. Fière d’elle, elle boucla ses affaires et mangea les restes de son frigo, histoire d’avoir quelque chose dans le ventre avant son départ. Elle n’entendait plus les bruits récurrents contre sa porte, Jack avait dû partir, il avait peut-être enfin compris ce que le verbe « Aimer » impliquait. Pouvoir laisser partir la personne lorsqu’elle le désirait.

La route ne fût pas longue pour la jeune femme tant l’envie de fuir se faisait forte. Traînant sa valise derrière elle, elle entra dans l’aéroport et s’adressa au jeune vendeur du guichet départ.
- Bonjour Monsieur, je souhaiterais un vol pour St Barthélémy s’il vous plaît.
- Vous avez une date et un horaire ? Répondit le vendeur.
- Le plus tôt possible.
- Très bien... Répondit le jeune homme en cherchant sur son ordinateur. Le prochain vol en partance pour les Antilles est à 17h15. Ce délai est-il trop court ?
- Non, se sera parfait.
- Alors, l’embarquement commencera dans une demi heure, il se produit porte 4 du Hall B. Vous laisserez votre valise sur la gauche dans la section baguages et passerez ensuite au détecteur sécurité. Attention au décalage horaire de +2h lorsque vous serez là bas. Votre vol aura une durée de 8h25, un repas vous sera donc proposé à bord.
- Parfait. Combien je vous dois ?

Sam régla rapidement, histoire de ne pas perdre plus de temps et prit son billet d’avion. Elle déposa ses baguages, passa ensuite les portes de sécurité sans qu’elles ne sonnent. On fouilla son sac à main et elle se rendit ensuite porte 4 où on lui prit son billet afin de le poinçonner. Lors de la traversée du couloir jusqu’à l’avion qui attendait les premiers passagers, ses pensées se portèrent sur ce qu’elle laissait derrière elle. Elle observa son avion à travers la vitre et laissa glisser une larme sur sa joue. Elle pourrait dormir dans l’avion, fallait-il encore qu’elle y arrive. Le soleil se couchait lentement derrière le cockpit pointant sur la piste de départ. Cela rendait ainsi le orange rougeoyant et donnait un arrière goût d’amertume à la jeune femme. Peut-être qu’elle ne reviendrait pas. Elle avait probablement assez d’argent pour finir sa vie sur une plage, à l’écart de tous. Elle vieillirait certainement seule... Bien qu’elle ne s’était pas imaginée cela dans ses rêves d’enfants... Un homme, des enfants, une famille quoi ! Il fallait croire que la vie professionnelle et la vie personnelle ne pouvait pas s’accorder... Ce n’était pas ce à quoi elle s’attendait, mais elle s’y ferait, elle avait déjà assez souffert pour aller à l’encontre de ses lois. Maintenant, c’était terminé.
Installée à présent sur son siège, à côté de la vitre, elle avait de quoi rêvasser quelques temps en regardant le couché de soleil sur l’Amérique, ou en admirant les lumières éclairer les villes avant que l’avion ne s’envole au dessus des nuages, laissant pour seule image, une ouate pleine de douceur, qui l’emporterait certainement dans les bras de Morphée. Elle n’avait pas assez faim pour se commander à manger, le trajet de 8h nécessitait un service alimentaire proposé par la compagnie aérienne, et elle n’était même pas sûre d’avoir assez faim pour le commander. Elle ne savait pas non plus où est-ce qu’elle allait loger à son arrivée là bas. Il faudrait déjà qu’elle sache dans quel coin se poser. Il y aurait certainement un taxi à la sortie qui pourrait lui indiquer des endroits peu connus des touristes où personne ou peu pourrait la retrouver. Elle trouverait ensuite un hôtel ou un motel qui n’afficherait pas complet. Sur ses dernières pensées, l’avion se mit en route pour les Antilles, démarrant en douceur pour ensuite prendre de la vitesse et laisser aux passagers un doux souvenir de plaquage au fond du siège. Sam cala sa tête entre la paroi de l’avion et la douceur de son siège, laissant ses yeux naviguer sur l’immense espace que le ciel permettait au regard.

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